par : Anaïs Hélie-Martel
Les années 1980 sont bien derrière nous, en théorie. Pourtant en pratique, un étrange, mais néanmoins apprécié regain pour cette époque semble se pointer à l’horizon. On le remarque en se promenant dans le coin du Mile-end ou du centre-ville où l’on peut apercevoir les plus beaux spécimens de la mode des eighties. Vêtements aux couleurs criardes et aux coupes plus qu’élégantes sont à l’honneur. On l’entend aussi dans la musique, autant populaire que plus underground. Les sons plus simples de synthétiseurs, les pianos électriques et les beats rudimentaires refont surface, à croire qu’on s’ennuyait des succès de Boney M ou des raps sympathiques à la Whodini.
Bref, nombreux sont les artistes qui ont su renouvelé un son perdu depuis des décennies et un des groupes à réussir cet exploit n’est nul autre que les excellents Future Islands. Groupe originaire de Baltimore, Future Islands s’aligne tout à fait dans ce son si particulier aux eighties, et le fait à merveille. Simples, mais percutantes, les mélodies du groupe s’adonnent bien pour des petits pas de danse élémentaires. Ce qui a de particuliers au groupe, c’est pourtant la voix du chanteur J. Gerrit Welmerse. Elle est intense, ténébreuse, pleine d’émotion et a un petit quelque chose d’inexplicable. La combinaison de cette voix avec le petit côté eighties crée une atmosphère légère, joyeuse et rythmée qui fait du bien. Il devient alors si facile de se laisser emporter par les chansons de Future Islands. Le groupe s’est fait la main avec de nombreux singles avant de sortir leur premier vrai CD « In Evening Air » en 2010. Cet album, c’est réellement un petit bijou. Il est tout simple, bien fait et nous emporte si facilement ailleurs. Sans même qu’on ait le temps de s’en apercevoir, on est déjà en train de bouger de la tête et de taper du pied. C’est ce que j’appelle de la magie.
J‘ai découvert ce groupe le printemps dernier, et ça l’a été une véritable révélation musicale. Un CD qui a souvent (ou trop souvent selon mes colocs) joué sur repeat à la maison. Que voulez-vous, c’est dur de résister quand un disque est bon du début à la fin, et je cède si facilement à la tentation. C’est pourquoi aussi je n’ai pas pu les manquer cet été, alors qu’ils étaient de passage à Montréal. Je n’ai pas été déçue du tout, c’était même probablement un de mes concerts favoris. Le tout était à la Casa del Popolo, un endroit que j’affectionne particulièrement pour l’intimité de la salle et les bonnes bières pas trop chères. La première partie était prise en charge par le frère du chanteur, Plucky Walker. Un seul mot : Wow. Il a monté sur scène l’air de rien, jouant avec son ordinateur, et il s’est mis à rapper comme personne. Je ne m’attendais pas du tout à cela, comme tout le reste de l’audience je crois. Le gars, sans trop de style, en espadrille de course et aux petites lunettes rondes nous en a mis plein la vue. Le clou du spectacle restait néanmoins le chanteur de Future Islands qui se démenait sur scène, mélangeant théâtre et chant, bougeant de tous les côtés et abordant des expressions faciales des plus intenses. Impressionnant à voir, et délicieux à regarder. De plus, une petite salle peu remplie donne l’occasion de se laisser aller dans nos pas de danse et ce fut sublime. J’ai dansé, j’ai chanté, je me suis démenée, encouragée par le chanteur qui ne faisait rien à moitié. C’était génial.
Depuis quelque temps, le groupe a sorti sur YouTube un nouveau single : « Before the bridge ». Une excellente chanson qui confirme la sortie d’un album prochainement. 11 octobre 2011, c’est la date. C’est en cette journée, que je sens déjà merveilleuse, que le nouvel album « On the Water » sortira. Mes oreilles n’ont que hâte. J’espère que j’ai convaincu les vôtres aussi.
Petit scoop primeur : l’album est, en effet, excellent. Mon coup de coeur : la chanson Where I Found You, mais pour danser j’adore Balance. Voilà!
