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Éditorial de janvier 2009

Appel aux membres de l’AÉHUM

Suite à un départ, il y a un poste à combler dans le comité de rédaction du Sablier. Si vous êtes intéressé à vous impliquer dans la rédaction, la mise en page ainsi que la maintenance quotidienne de notre valeureuse publication, nous faisons appel à vous et à votre force créative!
L’adhésion à ce comité est élective. Ce faisant, l’élection pour combler le poste se déroulera lors de la première assemblée générale de l’hiver 2009 de l’AÉHUM, dont la date est encore indéterminée. Toute personne membre de cette association pourra s’y présenter.

Considérant que trois membres actuels de l’équipe sont en phase terminale de leur baccalauréat, nous favoriserions l’élection d’une personne qui continuera ses études à l’automne 2009 pour ainsi effectuer une transition « rédactionnelle » pour le bien de notre publication.

On rote encore un peu de dinde

Les milliers de réunions de famille du temps des fêtes vous ont épuisé? Prenez quelques jours de répit durant les premiers balbutiements de la présente session… mais pas trop, sinon la prochaine fin de session vous le fera rapidement regretter.

OPÉRATION NEZ ROUGE

Par Marianne Martin

nez-rouge

Moi, qui dans la dernière parution du Sablier vous incitais à ne pas boire lorsque vous savez que vous devez utiliser votre voiture pour revenir à la maison, me suis surprise à avoir le temps de m’impliquer auprès de ma communauté, durant le temps des fêtes. J’ai donc travaillé quelques heures pour l’organisme Opération Nez rouge, qui offre un service de raccompagnement pour les gens ayant un peu trop bu pendant le mois de décembre. À travers les contributions volontaires, tout l’argent recueilli est retourné à différents organismes de la région desservie.

L’expérience fut, ma foi, très enrichissante, autant pour le côté humain que pour moi-même. Elle permet de pouvoir en savoir plus sur la région et les gens qui vous entourent. Malheureusement, dans la plupart des régions, le nombre d’appels reçus dans les différentes centrales téléphoniques excède la capacité des équipes sur le terrain à pouvoir y répondre. Il manque trop souvent d’équipes et c’est pour cette raison que certains décident quand même de prendre la route avec leur voiture après avoir bu et logé un appel chez Nez Rouge. Le temps d’attente est souvent trop long pour certains, surtout à la sortie des bars…
Je vous invite donc de tout cœur à vous impliquer dans votre communauté. Vous pourriez y gagner un sourire, mais aussi une vie… pensez-y.

LA DETTE OU LA VIE ?

Par Simon Vézina

Plus d’un billion de dollars viennent d’être injectés en vain et sur le dos des contribuables américains par la réserve fédérale pour « sauver » le système bancaire de manière plus que douteuse par l’homme de Goldman Sachs, le président de la réserve fédérale Paulson. En vain, car derrière l’arbre de la crise immobilière et les « swaps », se cache la forêt des produits dérivés qui représentent plus de 650 billions selon la Banque des règlements internationaux (hypothèse très conservatrice selon plusieurs), plus de 23 fois la production totale de la planète, qui sont impayables; reconnaître ces « dettes » et vouloir les payer, c’est plonger assurément le monde dans une hyperinflation du type de Weimar en Allemagne en 1923. De même, vouloir continuer à exiger le paiement de la dette des pays en voie de développement, déjà payée plusieurs fois et une demande souvent illégitime, sommes toutes dérisoires à la vue des sommes colossales mise à la disponibilité de la racaille financière par les gouvernements, c’est privé les possibilités de développement dans ces pays et condamner à la mort prématuré des millions de vies humaines. Pour en savoir plus, j’ai interviewé Damien Millet, président de la branche française du Comité pour l’annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM).

S. Vézina : Le CADTM demande l’annulation de la dette publique des pays du tiers-monde et d’abandonner définitivement les politiques dites d’ « ajustement structurel » imposées par le Fonds monétaire international (FMI). Certains rétorquent qu’il est immoral de ne pas payer sa dette en plus de parler du mauvais impact que ça aurait sur les créditeurs occidentaux qui ont prêté en toute bonne foi à ces pays. Que répondez-vous à cela?

D. Millet : Le remboursement d’un prêt contracté dans des conditions régulières et raisonnables est quelque chose de moralement exigible. Mais dans le cas de la crise actuelle de la dette qui touche de plein fouet les pays en développement (PED), le cadre est tout autre. Cette obligation morale de rembourser, qui existe habituellement, tombe dès lors que le piège se referme au début des années 1980 et annihile tout espoir de développement. Il ne s’agit nullement de s’affranchir d’une obligation légitime, mais de tenir compte des mécanismes de domination, du pillage et de la misère que subissent les PED, pour exiger une mesure de justice.

Le système mis en place par les États les plus industrialisés grâce au FMI et à la Banque mondiale a assuré leur domination sur les PED. La dette est un des centres nerveux. Le remboursement de la dette est un obstacle essentiel à la satisfaction des besoins humains fondamentaux, comme l’accès à l’eau potable, à une alimentation décente, à des soins de santé essentiels, à l’éducation primaire, à un logement correct, à des infrastructures satisfaisantes. La satisfaction de ces besoins doit primer sur toute autre considération, géopolitique ou financière. Sur un plan moral, les droits des créanciers, rentiers ou spéculateurs ne font pas le poids par rapport aux droits fondamentaux de six milliards de personnes. Ce qui est immoral, c’est de demander aux PED de consacrer leurs maigres ressources au remboursement de créanciers aisés (qu’ils soient du Nord ou du Sud) plutôt qu’à la satisfaction de ces besoins fondamentaux.

La dette est immorale car elle a été contractée très souvent par des régimes non démocratiques, qui n’ont pas utilisé les sommes reçues dans l’intérêt de leurs populations, et ont souvent organisé des détournements massifs d’argent, avec l’accord tacite ou actif des États du Nord, de la Banque mondiale et du FMI. Les créanciers ont largement profité de la dette et ont prêté en connaissance de cause à des régimes souvent corrompus. Ils ne sont pas en droit d’exiger des peuples qu’ils remboursent. Jubilé Sud a raison de proclamer : « Nous ne devons rien, nous ne payons rien. »

S. Vézina : Pour comprendre votre revendication principale, pouvez-vous nous expliquer l’origine des dettes du pays du tiers-monde ?

D. Millet : Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont mis en place le plan Marshall pour la reconstruction de l’Europe. Ils ont investi massivement dans l’économie européenne pour l’aider à se remettre debout et les pays européens sont redevenus très vite des partenaires commerciaux privilégiés. De plus en plus de dollars se sont mis à circuler à travers le monde, et les autorités américaines ont tenté de freiner les demandes de conversion de dollars en or (qui était possible avant 1971), pour ne pas assécher leurs coffres-forts. Elles ont encouragé alors les investissements des entreprises américaines à l’étranger, pour éviter le retour des dollars en excès et une flambée de l’inflation. Voilà pourquoi dans les années 1960, les banques occidentales regorgeaient de dollars (les « eurodollars »). Elles les ont prêtés alors à des conditions avantageuses aux pays du Sud, notamment les États asiatiques et africains nouvellement indépendants et les pays d’Amérique latine en phase d’industrialisation. À partir de 1973, la forte augmentation du prix du pétrole a apporté des revenus confortables aux pays exportateurs, notamment aux émirs du Golfe, qui les ont placés à leur tour dans les banques occidentales. Les banques ont proposé ces « pétrodollars » aux pays du Sud, à des taux d’intérêt faibles pour les inciter à emprunter.

Se sont ajoutés à cela les prêts des États du Nord qui, à partir de 1973-1975, ont été touchés par la première récession généralisée depuis la Seconde Guerre mondiale. Les marchandises produites au Nord ont eu du mal à trouver preneur. Les pays riches ont décidé alors de distribuer du pouvoir d’achat au Sud, afin de l’inciter à acheter leurs marchandises. D’où des prêts d’État à État, souvent sous forme de crédits d’exportations : c’est l’aide liée. En gros, je te prête 10 millions de dollars à bas taux, à condition que tu m’achètes pour 10 millions de dollars de marchandises…

De son côté, la Banque mondiale a accru considérablement ses prêts aux pays du Tiers-Monde à partir de 1968, sous la présidence de l’Américain Robert McNamara, ancien secrétaire à la Défense durant la guerre du Vietnam. Son but est de soutenir les alliés stratégiques des États-Unis, même s’ils ne respectent pas les droits de l’Homme et détournent des sommes considérables, comme Mobutu au Zaïre, Pinochet au Chili ou Suharto en Indonésie. De 1968 à 1973, la Banque mondiale a accordé davantage de prêts que pendant toute la période 1945-1968.

Enfin, les gouvernements et les classes dominantes du Sud ont joué durant toute cette période un rôle important : ils ont écouté le chant des sirènes occidentales et se sont engagés sur la voie d’une forte augmentation de l’endettement de leur pays. Ils y ont souvent vu le moyen de renforcer leur pouvoir et de prélever au passage, pour leur compte personnel, des sommes empruntées au nom de l’État.

Jusqu’à la fin des années 1970, l’endettement est resté supportable pour les pays du Sud car les taux d’intérêt étaient faibles et ces prêts leur permettaient de produire davantage, donc d’exporter plus, et de récupérer des devises qui permettaient de rembourser. L’augmentation de la dette extérieure des PED a été exponentielle : multipliée par 11 entre 1968 et 1980, elle est passée de 50 milliards de dollars à 540 milliards de dollars. En 2007, elle s’élève à 3 360 milliards de dollars. Depuis 1970, les PED ont déjà remboursé en tout 7 150 milliards d’Euros à leurs créanciers ! Entre 1985 et 2007, les PED ont remboursé 760 milliards de dollars de plus qu’ils n’ont reçu en nouveaux prêts. C’est l’équivalent de 7,5 fois le plan Marshall, envoyé par les populations du Sud à leurs créanciers !

S. Vézina : En quoi consistent les politiques d’ « ajustement structurel » du FMI et pourquoi sont-elles néfastes selon vous ?

D. Millet : À la fin de l’année 1979, pour sortir de la crise qui les frappe, lutter contre une inflation importante et réaffirmer leur leadership mondial après les échecs cuisants au Vietnam en 1975, en Iran et au Nicaragua en 1979, les États-Unis amorcent un virage ultra-libéral, qui sera poursuivi après l’élection de Ronald Reagan à la présidence. Paul Volcker, le directeur de la Réserve fédérale des États-Unis, décide une forte augmentation des taux d’intérêt américains. Cela signifie pour celui qui possède des capitaux qu’il devient soudain très intéressant de les placer aux États-Unis car il en tirera un meilleur bénéfice. C’est bien là le but de Volcker : attirer les capitaux pour faire baisser l’inflation et relancer la machine économique américaine (notamment par un grand programme militaro-industriel).

Les taux d’intérêt des prêts bancaires accordés aux États du Sud étaient certes faibles, mais variables et liés aux taux anglo-saxons. De l’ordre de 4-5 % dans les années 1970, ils passent à 16-18 %, voire davantage au plus fort de la crise, car la prime de risque devient énorme. Ainsi, du jour au lendemain, les pays du Sud doivent rembourser trois fois plus d’intérêts. Les règles ont été modifiées de façon unilatérale : le « piège » se referme.

De surcroît, les pays du Sud sont confrontés à un autre changement brutal : la baisse des cours des matières premières et des produits agricoles qu’ils exportent. La grande majorité des prêts a été contractée dans des monnaies fortes comme le dollar. Au cours des années 1970, les pays débiteurs doivent donc se procurer de plus en plus de devises pour rembourser leurs créanciers. Ils exportent donc de plus en plus et se font concurrence entre eux sur les mêmes matières premières (café, cacao, coton, sucre, arachide, minerais, pétrole, etc.) alors qu’au Nord, la demande n’a pas augmenté. Cela entraîne une sévère chute des cours.

Le Sud doit donc rembourser davantage en disposant de revenus moindres : il se retrouve alors pris dans l’étau de la dette, incapable de faire face aux échéances de remboursement. La situation se détériore très rapidement. En août 1982, le Mexique est le premier pays à annoncer qu’il n’est plus en mesure de rembourser. D’autres pays très endettés vont suivre. C’est la crise de la dette, qui va ébranler tous les pays du Sud l’un après l’autre. Mais il ne faut pas oublier que les décisions qui ont conduit à cette crise ont été prises au Nord. Bien sûr, la corruption, la mégalomanie et le manque de démocratie au Sud ont constitué bien sûr des facteurs aggravants mais ce ne sont pas eux qui ont déclenché la crise.

C’est alors que le FMI est intervenu. Par décision des gouvernements des pays les plus riches, il a accepté de prêter aux pays en difficultés, non pour améliorer les conditions de vie sur place, mais pour qu’ils puissent faire face aux remboursements. De cette manière, le FMI a sauvé la mise aux prêteurs privés des pays industrialisés.

Ces prêts ont eu une contrepartie importante : les pays concernés ont dû s’engager à suivre la politique économique dictée par le FMI, à travers ses fameuses conditionnalités détaillées dans les « plans d’ajustement structurel ». Même plus besoin d’entretenir une administration et une armée d’occupation sur place comme au temps du colonialisme, la dette crée à elle seule les conditions d’une nouvelle dépendance.

Les mesures imposées par le FMI et les grandes puissances sont bien connues : abandon des subventions aux produits et services de première nécessité (pain, riz, lait, sucre, essence…) ; réduction drastique des dépenses publiques, notamment par des coupes sombres dans les budgets sociaux, le gel de salaires et des licenciements dans la fonction publique ; dévaluation de la monnaie locale ; taux d’intérêt élevés ; développement des exportations au détriment des cultures vivrières ; ouverture totale des marchés par la suppression des barrières douanières et mise en concurrence déloyale des petits producteurs avec les sociétés transnationales ; libéralisation de l’économie, notamment l’abandon du contrôle des mouvements de capitaux et la suppression du contrôle des changes ; fiscalité aggravant les inégalités avec le principe d’une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et la préservation des revenus du capital ; privatisations massives des entreprises publiques et désengagement de l’État.

Privilégiant l’aspect statistique sur l’aspect humain, ces mesures ont eu, et ont encore, des conséquences terribles pour les populations et les économies. Cet échec ne résulte en rien de malchance ou d’incompréhension, mais de l’application délibérée de la politique néolibérale. Joseph Stiglitz, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, est très clair : « Le FMI a cessé de servir les intérêts de l’économie mondiale pour servir ceux de la finance mondiale. La libéralisation des marchés financiers n’a peut-être pas contribué à la stabilité économique mondiale, mais elle a bel et bien ouvert d’immenses marchés nouveaux à Wall Street. […] Si l’on examine le FMI comme si son objectif était de servir les intérêts de la communauté financière, on trouve un sens à des actes qui, sans cela, paraîtraient contradictoires et intellectuellement incohérents. »

S. Vézina : Peut-on réellement blâmer le FMI si les pays du Sud acceptent de faire affaire avec ce dernier ? Après tout, ne sont-ils pas libres de refuser son aide avec les conditions qu’ils connaissent ? Et ne sont-ils pas responsables des échecs du développement, tant leurs dirigeants ont été incompétents, corrompus ou tyranniques ?

D. Millet : Il ne s’agit à aucun moment d’opposer Nord et Sud dans leur globalité. Ces mots sont uniquement utilisés pour traduire une réalité géographique : la plupart des décisions se prennent au Nord et ont de lourdes conséquences sur les pays du Sud. Mais à intérieur de chaque région, le mécanisme de domination se reproduit. En bout de course, il s’agit avant tout de l’oppression d’une partie de l’humanité (qui n’est pas localisée exclusivement au Sud) par une autre, bien moins nombreuse mais bien plus puissante. Autrement dit, des intérêts très différents opposent tous ceux qui subissent le système actuel (la grande majorité de la population, au Nord et au Sud) à une poignée d’individus qui en profitent, tant au Nord qu’au Sud. Cette poignée d’individus constitue la classe capitaliste, dont le comportement est mû par la recherche du profit maximum. Voilà le vrai clivage.

Pourquoi des dictatures parviennent-elles à s’installer et à se maintenir en place si longtemps ? Pourquoi les percées démocratiques ont-elles du mal à se consolider quand elles existent ? Pourquoi des dictateurs comme Suharto en Indonésie, Mobutu au Zaïre, Omar Bongo Ondimba au Gabon, Gnassingbé Éyadéma au Togo ou le régime d’apartheid en Afrique du Sud ont-ils pu rester en place pendant plus de trente ans ? Parce qu’ils servent le système en place et sont donc soutenus par les créanciers. Pourquoi tant de coups d’État ont-ils renversé des gouvernements démocratiques, comme celui de Salvador Allende au Chili ou de Patrice Lumumba dans l’ex-Congo belge devenu indépendant ? Parce que ces gouvernements cherchent à s’extraire de ce système. Il arrive même fréquemment que des régimes succédant à des dictatures à la suite d’élections à peu près satisfaisantes continuent de servir la même logique économique. Parfois même, c’est le dictateur lui-même qui, dans un deuxième temps, se faisait élire lors de mascarades électorales, avec l’appui des bailleurs de fonds internationaux, par exemple Idriss Déby Itno au Tchad, Zine el-Abidine Ben Ali en Tunisie, Paul Biya au Cameroun…

Opposer la lutte contre les dictatures et l’annulation de la dette est une erreur grave. En fait, les dictateurs et les corrompus sont renforcés par l’endettement : le soutien des créanciers renforce le pouvoir en place et accroît les opportunités de détournement de fonds. Avec la mondialisation néolibérale, la dette s’accroît, la corruption s’accroît, la misère s’accroît. Ce n’est pas un hasard. Les trois avancent d’un même pas.

Une annulation de dette serait une bonne thérapie préventive pour empêcher une rechute dictatoriale : si une dette odieuse a été contractée par un régime dictatorial et si les créanciers sont privés de son remboursement suite à l’annulation de cette dette après un audit méticuleux, les prêteurs potentiels éviteront à l’avenir de se risquer à octroyer des prêts à des dictatures. Un âne ne bute pas deux fois sur la même pierre. Ce serait là une garantie pour prémunir les PED contre les régimes autoritaires et corrompus puisque, par intérêt personnel, les créanciers seraient enfin devenus vigilants sur la nature des pouvoirs auxquels ils prêtent des fonds.

Par ailleurs, l’expropriation des biens mal acquis est une étape indispensable. Selon nos estimations, en juin 2007, les avoirs déposés par les riches des PED dans les banques du Nord (environ 2 380 milliards de dollars) dépassaient largement la dette extérieure publique des PED (1 350 milliards).

Une partie significative de ces montants correspond à des capitaux accumulés de manière illégale, voire criminelle. S’il est avéré que des détournements ont eu lieu, il faut organiser l’expropriation des biens mal acquis et leur rétrocession aux populations. Les sources de financement occultes seront ainsi coupées, les trésors de guerre des dictateurs confisqués et le clientélisme, privé de moyens, aura vécu.

Même s’il est arrivé que des fonds momentanément saisis soient finalement rendus au dictateur chilien Augusto Pinochet et au président argentin corrompu Carlos Menem, il est arrivé à plusieurs reprises que des biens détournés soient restitués aux peuples ces dernières années. La Suisse, qui constitue l’un des principaux refuges pour l’argent sale de la planète, a déjà accepté de rendre aux pays concernés en tout plus de 1,6 milliard de dollars provenant de comptes bloqués ayant appartenu à des dirigeants étrangers : environ un demi-milliard de dollars détournés par chacun des ex-dictateurs Ferdinand Marcos (Philippines) et Sani Abacha (Nigeria), quelques dizaines de millions de dollars détournés par Alberto Fujimori (Pérou) et Vladimiro Montesinos Torres, l’ancien chef des services secrets péruviens, sans oublier Saddam Hussein (Irak), Nursultan Nasarbáyev (Kazakhstan) et Moussa Traoré (Mali). En juin 2008, elle s’est engagée à remettre au Mexique 74 millions de dollars d’avoirs illicites de Raul Salinas, frère de l’ancien président mexicain Carlos Salinas de Gortari, après 13 ans de bataille judiciaire. Le Royaume-Uni a également rendu au Nigeria quelques fonds dissimulés à Jersey par le même Sani Abacha. Les mobilisations doivent se renforcer pour éviter par exemple que des fonds détournés par la famille Duvalier (Haïti) et par le clan Mobutu (ex-Zaïre) ne soient rendus à leurs familles…

Endettement, corruption et bradage des ressources sont trois éléments d’un même problème. La corruption (par la dette notamment) est l’instrument qui permet de faire accepter à un dirigeant en poste de placer l’économie de son pays sous la tutelle du FMI et du Trésor américain, de la finance et des multinationales du Nord. Alors que la dette profite aux dictatures, l’annulation permet de les remettre en cause fondamentalement.

S. Vézina : Le gouvernement argentin sous la gouverne des Kirchner a non seulement effacé une partie de la dette qu’elle avait, mais a en plus adopté des politiques contraires à celle promue par le FMI. De même, le gouvernement d’Équateur, sous la présidence de Correa, vient tout juste d’annoncer le non-paiement d’une grande partie de la dette, soit 3,8 milliards de dollars, pour cause d’illégitimité. Est-ce une voie à suivre ?

D. Millet : Après un quart de siècle d’accord continu entre le FMI et les autorités (de la dictature militaire entre 1976 et 1983 au gouvernement De la Rua en passant par le régime corrompu de Carlos Menem), l’Argentine a effectivement démontré qu’un pays pouvait arrêter de rembourser la dette de manière prolongée sans que les créanciers ne soient capables d’organiser des représailles. Le FMI, la Banque mondiale, les gouvernements des pays les plus industrialisés, les grands médias avaient annoncé que le chaos s’installerait. Or qu’est-il arrivé ? Loin de sombrer, l’Argentine a commencé à se redresser. Le président élu en mai 2003, Nestor Kirchner, a défié les créanciers privés en leur proposant d’échanger leurs titres contre de nouveaux de moindre valeur. Après de longues négociations achevées en février 2005, 76% d’entre eux ont accepté de renoncer à plus de 60% de la valeur des créances qu’ils détenaient. Là aussi, la fermeté a payé.

Le principe de l’audit est une piste essentielle pour lutter contre la domination par la dette. Il a déjà fait l’objet d’applications concrètes au Brésil et au Pérou, et, depuis 2005, la dynamique semble s’intensifier dans ce domaine. Le Président de l’Équateur, Rafael Correa, a signé en juillet 2007 un décret présidentiel instituant une Commission pour l’audit intégral du crédit public, composée de représentants de l’État mais aussi de mouvements sociaux équatoriens et de réseaux internationaux comme le CADTM, a eu pour mandat d’identifier les dettes illégitimes qui pourraient faire l’objet d’une annulation. Et effectivement, des annonces ont eu lieu récemment dans ce sens.

Mais mis à part quelques cas particuliers, la plupart des gouvernements n’ont pas eu, pour l’instant, la volonté d’aller à l’encontre des politiques néolibérales. Beaucoup d’entre eux sont reliés par de nombreux intérêts aux centres de décision des pays les plus industrialisés. Une partie des présidents actuellement en place notamment en Afrique ont été portés au pouvoir au moment de la guerre froide ou en sont les héritiers directs. Certains sont là parce qu’ils ont contribué à éliminer ou parce qu’ils ont laissé renverser des chefs d’États qui, comme Thomas Sankara, le président du Burkina Faso assassiné en 1987, voulaient engager leur pays sur une voie de développement endogène et de justice sociale. D’autres ont préféré respecter le dogme néolibéral, de peur d’être déstabilisés ou renversés.

Les populations du Sud ne sont jamais consultées sérieusement et sont maintenues soigneusement à l’écart. Pourtant, il est parfaitement possible en tant que gouvernement démocratique de briser la chaîne de l’endettement. Il faut pour cela répudier la dette illégitime sur la base d’un audit de la dette. Le droit international offre des instruments efficaces à un gouvernement du Sud pour refuser la poursuite du paiement d’une dette odieuse ou plus largement illégitime. Encore faut-il être prêt à s’en servir.

Depuis plusieurs siècles, la constitution des rapports de domination Nord/Sud (ainsi que des grandes fortunes au Nord) s’est souvent appuyée sur le pillage des ressources du Sud, l’esclavage et la colonisation. Il est alors tout à fait légitime de demander des réparations financières pour cette exploitation illégitime. La dette financière actuelle est odieuse et les classes dominantes du Nord sont redevables d’une dette historique, humaine, culturelle, sociale, morale et écologique. Pour elles, il est temps désormais de rendre des comptes.

Pour en savoir, consulter le site Internet du CADTM : http://www.cadtm.org/

Par Frédéric Vachon

Le 19 novembre dernier, l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) organisait une manifestation étudiante mettant de l’avant trois revendications : un réinvestissement massif dans les services sociaux, le retrait du secteur privé des institutions publiques et la démocratisation de la gestion des institutions scolaires. La plate-forme de revendications de l’AÉHUM comporte une revendication allant en ce sens. Néanmoins, n’ayant pas eu la possibilité de consulter les étudiants et les étudiantes en assemblée générale, nous n’avons pas consenti à y participer en tant que contingent de l’association étudiante. Nous y avons participé plutôt en tant qu’étudiants et étudiantes en colère (euphémisme). Voici comment elle s’est déroulée, selon ma mémoire et ma perspective.

Les manifestants et manifestantes, environ 200 à 300 personnes, réuni-e-s au Carré Berri ont débuté la marche vers 14h45. Des membres de Québec solidaire s’y sont joints, tentant, entre autres, d’accroître leurs résultats aux prochaines élections et de recruter du personnel pour apposer leurs affiches électorales. Bien pénarde au départ, la manifestation a gagné en dynamisme lorsque, de la rue, nous sommes descendu-e-s dans les catacombes de Montréal et avons fait métro populaire afin de déjouer temporairement les forces de l’ordre, qui étaient, à leur habitude, à nos trousses. Je ne suis pas certain de la station que nous avons empruntée, mais je crois qu’il s’agissait de Papineau. Lassé-e-s de l’ambiance un peu trop populaire d’Hochelaga (non pas qu’elle me déplaise, mais je doute que l’argent qui manque cruellement au système d’éducation se trouve dans les poches des habitants et habitantes de ce quartier), c’est au métro Peel que nous ressurgîmes et nous accaparâmes la rue. Sièges sociaux caressant les nuages, Mercedez, Hummer et VUS énergivores fourmillant dans les rues, voilà un endroit plus pertinent pour faire valoir nos revendications. À tout le moins, ces gens n’ont certainement pas la vie aussi difficile que l’ont présentement les étudiants et étudiantes du Québec ! Détaché-e-s temporairement des forces policières – répressives ou paramilitaires aux dires d’Yves Francoeur, chef de la Fraternité des Policiers et Policières de Montréal -, nous avons tranquillement continué notre marche. Mis à part quelques organisateurs et organisatrices « éclairé-e-s », personne ne savait vraiment où ce trajet nous mènerait. Cela ne nous empêcha pas de continuer notre route, épurant au passage les lampadaires des portraits des candidats et candidates aux prochaines élections. Étonnamment, ceux exposant le doux visage de Jean Charest étaient décrochés (euphémisme) d’une manière particulièrement brutale. Je dois par contre dénoncer le manque d’organisation à ce sujet. N’ayant probablement pas prévu le coup, il n’y avait aucun dispositif visant à ramasser ces pancartes, ce qui fit en sorte que plusieurs restèrent au sol après notre passage. Heureusement, nous allions bientôt quitter la rue de nouveau.

Arrivant au Square Victoria, nous passâmes par le parc et nous ruâmes vers la cour intérieure du Centre de Commerce Mondial. Le décor de l’endroit témoigne de la richesse qui y circule. Majestueuse fontaine en marbre noir, plantes exotiques, verrière, passerelles liant les deux bâtiments qui nos côtoyaient, petits balcons à chacun des étages, murs entièrement vitrés, voilà l’environnement dans lequel travaillent des centaines d’employé-e-s. On est bien loin de celui de MABE, l’usine dans laquelle j’insérais quatre vis dans le châssis d’une sécheuse, et ce, 700 fois par quart de travail… Un organisateur de la manifestation prit la parole, aidé d’un porte-voix légèrement défectueux. Les travailleurs et travailleuses repu-e-s sortirent de leurs bureaux pour aller aux fenêtres, aux balcons et sur la passerelle, se demandant visiblement ce qui troublait leur paisible journée. Nous avons retenu leur attention pendant une dizaine de minutes. L’orateur a fait valoir nos revendications et a scandé quelques diatribes à ces employé-e-s, qui jouent un rôle considérable au sein de l’économie de marché et du néolibéralisme grugeant, à grandes mordées, nos acquis sociaux et ne nous laissant qu’un os vermoulu auquel nous devons fournir la chair. Ayant perdu leur attention, nous quittâmes le bâtiment et nous réappropriâmes la rue. La noirceur tomba et il en fut de même de la température. Qu’importe, nous étions motivé-e-s et il en faudrait beaucoup plus pour nous arrêter. Bientôt, une autre occasion de se réchauffer se présenta. À quelques coins de rue de là, plus précisément au 500 René-Lévesque Est, se trouve un immeuble d’une vingtaine d’étages dans lequel siègent des fonctionnaires jouant un rôle dans les partenariats public-privé (PPP). Voilà la seule information que je détiens à son sujet… S’opposant à ces partenariats, l’ASSÉ n’avait pas omis d’y rendre une brève visite. Nous pénétrâmes dans le bâtiment et, brandissant la banderole rouge de l’ASSÉ, un porte-parole reprit le porte-voix et scanda quelques discours. Cette action n’avait pas la saveur de la première, mais fut tout de même appréciable par son symbolisme. La manifestation tirait à sa fin. Sorti-e-s de cet endroit, les étudiants et les étudiantes reprirent la rue jusqu’au Square Philips où elle se termina. Après quelques discours, nous nous dispersâmes, allant chacun et chacune rejoindre le métro le plus proche.

Le bilan de la manifestation est plutôt positif si l’on regarde le poids de nos actions par rapport au nombre que nous étions. Néanmoins, il est tout de même étonnant qu’après le dégel des frais de scolarité, la hausse des frais afférents, les plans de redressement de certaines universités (je pense à l’UQAM et à l’Université de Montréal) prévoyant de brutales coupures, les étudiantes et étudiants n’expriment pas leur mécontentement – ou ne sont tout simplement pas en désaccord avec les mesures adoptées… Le contingent qui parti de l’Université de Montréal ne regroupait pas plus de 15 personnes, malgré le fait qu’anthropologie s’était voté une levée de cours pour la manifestation. Du haut de la montagne, tout semble tellement plus beau…

PROVINCIALES 2008

par Philippe Gendron

Que vous l’attendiez, la redoutiez ou vous en foutiez, voici ma revue des élections provinciales québécoises 2008.

Victoire libérale écrasante? Certains vous diront oui puisqu’ils ont eu ce qu’ils voulaient, un gouvernement libéral majoritaire. Après tout, c’est une chose nécessaire vu la présente conjoncture économique. Contrairement à ce que certains disent, il ne s’agit pas seulement d’un prétexte qui a servi à déclencher des élections dont personne ne voulait. On l’a bien vu lorsque les libéraux ont permis aux commerces d’ouvrir le 2 janvier. C’est une mesure pour l’économie qu’ils n’auraient pas pu prendre sans un gouvernement majoritaire puisque les partis d’oppositions n’auraient clairement pas entériné une mesure dont la population ne voulait pas. La façon dont l’annonce de cette mesure a été faite nous montre également une chose, comme il le dit lui-même si bien, Jean Charest nous a vraiment compris. En fait quelle annonce? Il n’y en a tout simplement pas eu. Les gens l’ont appris en regardant leur horaire au travail. Jean Charest nous montre ainsi qu’il a compris qu’il ne faut pas tenter de contenter les Québécois et Québécoises, mais les empêcher de chialer et qu’ainsi il sera réélu. De toute façon comme le ministre Béchard l’a dit, les magasins ne sont pas obligés d’ouvrir le 2 janvier, la décision leur appartient ce n’est donc pas la faute des Libéraux. C’est seulement moi ou on voit déjà ressortir le côté libéral qui leur a valu d’être le gouvernement le plus impopulaire de l’histoire québécoise?

Parce qu’il y a d’autres chats à fouetter, parlons ADQ puisque nous n’en parlerons plus beaucoup dans les années à venir. D’un chef sans parti, l’ADQ passe à un pas de parti sans chef. La droite a subi un dur coup lors de ces élections. Partant de l’opposition officielle à un tiers parti quasi inexistant, l’ADQ a reculé montrant ainsi la grande déception des Québécois et Québécoises à son égard ou même encore que le dernier vote en leur faveur n’était en réalité qu’un vote de contestation. De plus, ceci montre que Mario Dumont ne suffit plus. Il ne peut plus porter ce parti seul, ce qui l’a poussé à démissionner. La question que les gens se posent maintenant est : que deviendra le parti sans l’homme qui l’incarnait? Et bien, c’est simple, il disparaitra après quelques temps dans l’oubli. Il restera peut-être quelques temps en trame de fond, mais ne résistera pas au temps. Bref, il ira rejoindre l’Union Nationale, même parti avec un nom différent.

La chute de la droite s’est aussi illustrée par la montée de la gauche. Oui je parle ici de l’élection d’Amir Khadir et ainsi du premier représentant de Québec Solidaire à l’Assemblée nationale. On voit une nouvelle option pour la gauche québécoise émerger. On voit également par ceci que les magouilles politiques dans les élections ne sont pas réservées à la droite. On pouvait lire dans Le Devoir la semaine avant les élections que des sympathisants de Québec Solidaire ont proféré des menaces au candidat du Parti Vert dans le comté pour qu’il se retire laissant ainsi le champ libre à Amir Khadir. Monsieur Khadir, interrogé sur le sujet, a dit ne pas y avoir pris parti, mais ne les a pas condamnés non plus. Il les a plutôt qualifiés de normales. Comme quoi la gauche n’est aucunement parfaite et a également lu Machiavel.
Les derniers et non les moindres, ceux que je gardais comme dessert, les Péquistes. Ceux-là mêmes qui ont fêté le résultat des élections comme une victoire, en grande pompe. Certes, ils ont grandement repris des forces par rapport aux dernières élections, reprenant ainsi l’opposition officielle. Il est aussi vrai que leur réel objectif n’était pas de prendre le pouvoir. Ils savaient que cela leur était quasi impossible. Pour certains ils ont donc atteint leur objectif. Cependant, ils ont échoué dans leur objectif d’empêcher un gouvernement libéral majoritaire. De plus, un parti politique dans l’opposition restera toujours un parti politique perdant ne nous trompons pas. Cependant, le Parti Québécois est sur une ascension importante. Il regagne tranquillement la confiance de la population qu’il avait auparavant perdue. Il sera donc intéressant de voir ce qui se passera aux prochaines élections d’autant plus que les Libéraux ont de plus en plus de difficulté à obtenir le vote des francophones qui votent maintenant en grande partie pour le Parti Québécois. Est-ce un retour prochain de l’enjeu référendaire? L’avenir le dira.

Quoique nous disions, le plus grand gagnant de cette élection reste l’abstention. Nous avons assisté a un taux de participation désolant voir quasi antidémocratique. Ceci envoi un message important à Jean Charest qui l’a probablement compris, mais ne veut pas l’écouter. C’est une protestation massive à sa façon de gouverner en se foutant totalement de l’opinion des Québécois et Québécoises. Il reste toutefois dommage que ces gens n’aient pas été voter pour empêcher la réélection de monsieur Charest et lui donnant ainsi une illusion de victoire qu’il peut brandir devant tout le monde. Pourtant, nous savons tous qu’il s’agit bien d’une défaite, du moins pour la démocratie. Je m’engage cependant à rappeler chaque fois qu’il le sera nécessaire à notre premier ministre que le Québec n’est pas seulement le Québec jonché sur la colline, là ou les membres des conseils d’administration de grandes entreprises, bref la minorité de Québécois et Québécoises demeurent. Je brandirai ma pancarte haute et avec conviction de façon à ce que notre premier ministre puisse la voir du haut de sa demeure de Westmount. Il est temps que nous pensions à un avenir meilleur pour l’ensemble des Québécois et Québécoises. Libérons-nous des Libéraux.

Par Marianne Martin, météorologue amateur

Si vous ne l’avez pas remarqué, il fait présentement très froid sur Montréal (article écrit le 16 janvier 2009, alors qu’il fait -29° degrés). C’est donc dans le but de pouvoir mieux classifier l’intensité du froid qu’un élève du département, dont nous allons taire le nom, à donc brillamment inventé l’indice de froid Fruité©. Philippe Gendron a remarqué que la conservation de son jus devenait plus périlleuse lors des périodes de grands froids. Le punch aux fruits semblerait donc meilleur que le mercure pour indiquer la température, selon le niveau de glace atteint dans le processus de glaciation. Sur ce, n’oubliez pas de ne pas vous découvrir avant le mois d’avril.

Par Jérémie Thériault-Langelier

24 décembre, 00h41

Je me retrouve dans un abribus de Sainte-Anne-de-Bellevue, seul. Il neige assez pour me convaincre que c’est bel et bien la veille de Noël, que ma session d’enfer est réellement terminée et que ma solitude pourrait finalement me rendre heureux. Un vieil album d’In Flames joue dans mes écouteurs comme un brin de nostalgie – retour aux années du secondaire où la vie semblait plutôt sombre et peu joviale. J’arrête de penser à tous mes tracas passés – exploit inimaginable depuis longtemps – et je réalise comment j’ai bien pu arriver ici, le seul piéton à un kilomètre à la ronde, en pleine nuit, attendant mon lift qui me ramène chez nous. Vous allez voir, c’est d’une simplicité incroyable.

Ça commence avec un projet. Des amis qui décident de se rencontrer le lendemain d’une conversation routinière sur Internet, sans but précis, seulement se rencontrer, le 23 décembre, à 16h30. J’en fais partie. Depuis quelques temps, j’essaye de ne pas trop planifier ma vie. Mes activités sont rarement prévues plus qu’un jour ou deux d’avance. Vous devriez essayer, c’est plutôt simple, relaxant et ça peut apporter du grand bonheur.

Avec cette attitude en tête – tentant de me convaincre que des choses simples pourraient m’apporter un minimum de bonheur – je me rend d’avance à Montréal, à 9h30 du matin, en train, pour être certain d’être à l’heure au rendez-vous.

Bon. Là, prenez une pause et respirez car je sent que vous me trouvez cinglé d’arriver sept heures avant tout le monde. Mais sept heures bien remplies, vous verrez…

* * *

10h15 : Arrivée à la Place des Arts, je m’achète deux romans de fiction, je constate que le Musée n’ouvre pas avant 11h et je m’installe, café mocha à la main, pour dévorer la première nouvelle littéraire de ma récente acquisition. J’oublie les mots horaire, temps, stress et plusieurs autres termes agressants dans le même genre.

11h20 : Le Musée d’art contemporain m’offre sa nouvelle exposition de sa collection permanente. Je regarde, je lis tous les cartons, je marche très (trop) lentement et mon cerveau n’essaie surtout pas de tout analyser (les habitués de ce musée doivent comprendre). Je m’enivre quelques instants au son d’une musique classique et de son vidéo. Avant de partir, je m’assoie sur un banc en pierre dans le hall d’entrée. Moment de silence intérieur… ce moment qu’on oublie rapidement mais qui nous rappel, un bref instant, notre singulière humanité.

12h50 : Soupe tonkinoise en solitaire, avec le Complexe Desjardins comme décor, parmi la nuée de magasineurs encore trop pressés. Le ventre plein, l’esprit léger, mais mon cœur criant encore famine de ces moments uniques de la matinée, je part en direction du magasin. Lequel? Demandez plutôt à mes jambes, elles sont les seules responsables.

13h10 : boutique de vêtements : j’essaye quelques morceaux, j’aime, j’achète et je m’éclipse. Autre boutique : je regarde quelques trucs et je ressort. Je m’étonne, moi qui attrape un mal de tête après 30 minutes de magasinage. Pas cette fois-ci. Tout semble irréel et différent.

15h30 : Après 5 magasins et quelques kilomètres de marche, je me dirige vers le point de rencontre prévu pour 16h30, station de métro Bonaventure. Arrivé là-bas, je lis une autre nouvelle littéraire du livre de ce matin. Je regarde les gens passés en hâte dans le métro et j’aimerais bien leur offrir ma place, juste un court instant, pour qu’ils puissent voir ce que je vois.

16h45 : Je ferme mon livre, mon récit terminé, je regarde par-dessus mon épaule au loin et j’aperçois mes amis, au rendez-vous. Je les rejoins. Chaque pas me rapproche d’eux et je fais l’effort de sortir de ma bulle solitaire construite peu à peu depuis ce matin. C’est moi qui est arrivé en retard finalement, après tout. Et alors? Finalement, personne n’en tient rigueur.

* * *

C’est ainsi qu’après des discussions électroniques la veille, quelques amis, moi inclus, se rencontrent un 23 décembre, en plein centre-ville de Montréal, perdus dans la foule des consommateurs « dernière minute » de Noël. Une poignée d’étudiants en liberté dans un océan de gens pressés. Quelle beau gâchis! Pour le reste de la soirée, je vous épargne des détails, par souci de ma vie privée et de celle de mes amis. Mais le plus important dans toute cette histoire, c’est que leur compagnie fut à l’image du début de ma journée : simple, enivrant, réconfortant, spontané et surtout, très humain.

Par Anh Khoi Do

Cet hiver, la télévision recèle sûrement quelque chose pour vos goûts! Notez que si une adresse URL apparaît à côté du titre, cela veut dire que l’émission peut être regardée légalement sur le site Internet du diffuseur. Bonne télévision et félicitez votre humble serviteur (et aussi le meilleur chroniqueur culturel du Québec, ha! ha! ha!) qui s’est donné la peine de faire des recherches entre deux bouchées de dinde juste pour vous!

Lance et compte: Le grand duel

lancecompte

Prévue pour l’hiver 2009, TVA a décidé de reporter l’émission à l’automne 2009. Bien sûr, les fans invétérés de cette télésérie sur le monde du hockey professionnel peuvent maintenant la voir en payant 15$ pour les 10 épisodes (21$ en HD) sur Illico. Que nous réserve cette télésérie? Une rivalité entre le National de Québec (l’équipe suivie pendant la série) et les Canadiens de Montréal. À suivre.

Flashpoint | http://watch.ctv.ca/flashpoint

Début de la 2e saison : Vendredi, le 9 janvier 2009 à 21h00 (CTV)

flashpoint

Premier épisode la série la plus populaire au Canada et aux États-Unis pendant l’été : Dans un chic hôtel du centre-ville de Toronto, la SRU doit protéger deux VIP, un philanthrope et sa femme. Celle-ci se fait enlever et est plus tard retrouvée avec une bombe attachée à son cou. La rançon? Les malfaiteurs veulent que le philanthrope admette ses torts commis en Amérique du Sud devant les médias du monde. Sinon…

La grosse vie

Suite de la 1ère saison : Mardi, le 6 janvier à 21h30 (Radio-Canada)

grossevie

Suivez les aventures (et aussi les mésaventures) d’une vedette au bout du rouleau qui veut consacrer plus de temps à sa drôle de famille. Dur, dur d’être à la fois un père et un artiste, n’est-ce pas? Soyez-en témoin dans la vie fictive de Normand Brathwaite!

Wild Roses | http://www.cbc.ca/wildroses

Début de la 1ère saison : Mardi, le 6 janvier 2009 à 21h00 (CBC)

wildroses

Alors que la très endettée famille Henry (photo) tient à garder son domaine, la riche famille McGregor, elle, veut à tout prix le saisir. Qui sait, cette parcelle de terre cache sûrement du pétrole… Bref, un tel événement mettra à l’épreuve la loyauté que les sœurs Henry entretiennent entre elles, car chacune ont leur idée arrêtée pour que leur famille garde le domaine.

La classe de 5e

Début de la 1ère saison : Jeudi, le 8 janvier 2009 à 20h00 (TVA)

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Adaptée de l’émission américaine Are You Smarther than a 5th Grader?, cette émission est animée par l’acteur Charles Lafortune. Le défi? Une personne de 18 ans et plus doit prouver qu’il est « plus brillant » qu’un élève de cinquième année dans des épreuves (histoire, français, géographie et mathématiques) tirées du programme scolaire primaire. Le magot à remporter? Les participants peuvent gagner jusqu’à 250 000$.

Being Erica | http://www.cbc.ca/beingerica

Début de la 1ère saison : Lundi, le 5 janvier 2009 à 21h00 (CBC)

beingerica

Une jeune trentenaire, Erica Strange (Erin Karpluk) s’ennuie dans un emploi de bureau. Un jour, elle rencontre le Dr Tom (Michael Riley), un thérapeute. Celui-ci envoie Erica dans le passé afin qu’elle puisse régler des problèmes de vie qu’elle regrette. Après Sanctuary, Being Erica est la deuxième émission canadienne à passer aux capsules Internet (http://www.beingerica.ca) à la télévision en format d’une heure.

Les grands duels de la LNI

Début : Samedi, le 10 janvier 2009 à 18h00 (Télé-Québec)

lni

Toujours arbitré par Yvon Ponton, chaque duel n’oppose pas deux équipes, mais bien deux improvisateurs qui comptent parmi les meilleurs acteurs du Québec. Cela faisait du bien de rafraîchir ce concept typiquement québécois qui vieillit très bien.

ZOS : Zone of Separation

Début de la 1ère saison : Lundi, le 19 janvier 2009 à 22h00 (The Movie Network)

zos

Dans une ville fictive ressemblant à Sarajevo, des envoyés de l’ONU s’évertuent à garder la paix entre les Chrétiens et les Musulmans. Cependant, ces envoyés doivent aussi composer avec les casques bleus qui sont prêts à tout pour maintenir l’ordre et qui ne leur font pas confiance. Voilà une mini-série qui devrait plaire aux mordus d’action.

Grande Fille

Début de la 1ère saison : Jeudi, le 8 janvier 2009 à 19h00 (TQS)

grandefille

Une jeune fille dans la vingtaine quitte Trois-Rivières pour s’installer à Montréal. Elle s’installe dans l’appartement de sa cousine. Par contre, les choses semblent se compliquer quand son père, un policier à la retraite, emménage dans un appartement du même quartier…

Howie Do It | À vérifier sur http://www.globaltv.com

Début de la 1ère saison : Vendredi, le 9 janvier 2009 à 20h00 (Global et NBC)

howiedoit

Émission dans laquelle l’humoriste canadien Howie Mandel et son équipe joue des tours à des individus moyens. Le truc de chaque épisode : leur faire croire qu’ils sont en train d’auditionner pour soit un prochain grand film hollywoodien, un spectacle nord-américain ou même une télésérie. Apparemment, recevoir quinze minutes de gloire n’aurait jamais été aussi drôle.

Somme-nous? | À vérifier sur http://video.telequebec.tv

Début de la 1ère saison : Mercredi, le 7 janvier 2009 à 21h00

sommesnous

En dix épisodes, Patrick Masbourian et son équipe font un portrait du Québec et posent des questions dans le cadre d’une enquête : somme-nous (les Québécois)… paresseux, charitables, obsédés par le sexe, de bons parents, cultivés, de grands consommateurs, généreux, en santé, de bons citoyens, de gros pollueurs, croyants?

Sanctuary

Début de la saison finale : Vendredi, le 9 janvier 2009 à 21h00 (The Movie Network)

sanctuary

La Dr Helen Magnus et son équipe doivent protéger des créatures/humains anormaux du public et parfois l’inverse par l’usage de la force, bien entendu. Après deux saisons, le Canada pourra se vanter d’avoir produit une télésérie tournée presque entièrement sur écran vert, ce qui est très rare en Amérique du Nord!

CRITIQUE DE FILM Changeling

Par Anh Khoi Do

changeling

Ce film n’est pas la meilleure œuvre réalisée par Clint Eastwood (Mystic River) en raison d’une faille très patente dans le scénario. Néanmoins, nul ne devrait être déçu par la performance des interprètes, surtout celle d’Angelina Jolie (Girl Interrupted) qui nous avait trop déçus dans des films d’action minables dans le passé.

Le 10 mars 1928, Christine Collins (Angelina Jolie), une mère célibataire, rapporte la disparition mystérieuse de son fils Walter après son retour du travail. Après cinq mois d’enquête par le Département de police de Los Angeles (DPLA), le capitaine J.J. Jones (Jeffrey Donovan) et le chef James E. Davies (Colm Feore) organise une réunion entre Christine et son fils devant la presse. Par contre, malgré le coup de théâtre organisé par le DPLA, Christine sait très bien que le garçon ramené de De Kalb, Illinois, n’est pas son fils. De plus, quand Christine, avec l’aide du pasteur Gustav Briegleb (John Malkovich), tente d’exposer la corruption gangrenant le DPLA, celui-ci l’envoie dans un asile.

À prime abord, l’histoire elle-même démontre ce flair légendaire de Clint Eastwood pour déterrer les bonnes histoires. Malheureusement, Changeling souffre du biais historique du scénariste J. Michael Straczynski dans la manière de dépeindre le DPLA. Si nous connaissons les motivations du capitaine Jones pour ordonner l’internement de Christine lors du procès contre le DPLA à la fin du film, le film laisse un trou en n’explorant pas assez bien la perspective du DPLA sur l’enquête de cinq mois. En se concentrant presque entièrement sur la perspective de Christine, le scénario répond mal à cette question : pourquoi l’enquête de cinq mois pour retrouver Walter fut sciemment bâclée considérant l’expression qui en dit long sur le visage de Jones et de Davies lorsque le « fils » de Christine est ramené?

Est-ce une question de paresse, d’incompétence ou une autre chose? Impossible de le savoir.

En fin de compte, pour le peu qu’on en sait sur cette enquête de cinq mois, nous n’avons que la perception de Christine (ainsi que ceux des gens tournant autour d’elle) et celui du détective Lester Ybarra (Michael Kelly), un policier du DPLA qui la croit et qui mène une enquête de sa propre initiative pour ramener Walter. Même si l’histoire du film nous divertit, je prédis que Changeling ne sera pas nominé pour l’Academy Award du meilleur film pour son seul et unique défaut : la présentation très unidimensionnelle et très en surface de la corruption souillant le DPLA. Rassurez-vous, loin de moi l’idée de vous inciter à éviter ce film somme toute bien fait!

Malgré un défaut dans le scénario, le jeu d’Angelina Jolie devra ravir ceux qui attendaient le moment pour la voir bénir l’écran tant par son charme que par son talent. Cependant, sans vouloir dénigrer son travail, Jolie ne semble pas être la personne appropriée pour son personnage, car une recherche dans la Los Angeles Public Library Photo Database montre que la vraie Christine Collins était une femme d’apparence très ordinaire et non une déesse! Dans un autre ordre d’idée, soulignons aussi le bon travail des interprètes de soutien, surtout Michael Kelly (Generation Kill), Jeffrey Donovan (Believe in Me) et Amy Ryan (Gone Baby Gone), qui joue une internée d’asile victime de la corruption du DPLA.

Finalement, Changeling, avec son défaut, est un thriller très efficace. Cela montre que Clint Eastwood, tout comme le vin, devient meilleur avec le temps, surtout comme réalisateur. De plus, si ce film ne reçoit pas la moindre nomination aux Oscars concernant la performance des interprètes, Eastwood peut clamer haut et fort d’avoir été victime d’un vol.

Note : 3.5/5

Changeling

USA (2008), 141 minutes.

Thriller scénarisé par J. Michael Straczynski.

Réalisé par Clint Eastwood.

Par Anh Khoi Do

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Détrompez-vous, malgré le titre vulgaire, ce film est visuellement très léger en comparaison au thriller érotique/psychologique Where the Truth Lies, du réalisateur canadien Atom Egoyan. En gros, c’est plutôt le genre de film que vous louez pour rire après une dure journée.

Tourné à Toronto, ce film réunit l’histoire de quatre couples et d’un « ménage à trois ». Premièrement, Matt (Aaron Abrams) et Kristen (Carly Pope) sont deux amis, tout au plus, mais lors d’une soirée, ils acceptent de coucher ensemble. Deuxièmement, Abby (Kristin Booth) veut faire l’amour avec son mari Andrew (Josh Dean) – qui n’a pas l’air de vouloir le faire – le jour de l’anniversaire de celui-ci. Troisièmement, Mia (Sonja Bennett) et Éric (Josh Cooke) se rencontrent après s’être séparés récemment. Quatrièmement, Jamie (Diora Baird) passe la soirée dans son appartement avec Ken (Callum Blue). Cinquièmement, Gord (Ennis Esmer) invite son colocataire Dave (Peter Oldring) à faire l’amour avec Inez (Natalie Lisinska) alors que Gord se contente de regarder.

Même si ce premier film de Martin Gero est bien meilleur que virtuellement toutes les comédies américaines, ne vous attendez pas à voir un chef-d’œuvre. Effectivement, Young People Fucking est tout au plus une comédie enchaînant industriellement des répliques cocasses. De plus, rares sont les comédies contenant comme celui-ci des répliques évitant habilement le simplisme et la vulgarité.

Par contre, si ce film ne contient pas beaucoup de moments dramatiques, Young People Fucking se distingue de ses compétiteurs américains – exception faite sur Kinsey – en traitant avec une certaine maturité son sujet, c’est-à-dire le sexe. Donc, au lieu de renfermer des scènes impliquant des imbéciles en train de s’égosiller pour fracasser le mur du son, les scénaristes décortiquent schématiquement les problèmes reliés à la sexualité propres à chaque histoire. Bref, ce film rassemble une galerie de personnages se demandant chacun à leur façon si la baise est uniquement pour le plaisir ou bien quelque chose qui va de pair avec l’amour envers son âme sœur.

Malgré sa dose d’humour assez appréciable, Young People Fucking possède une faiblesse, c’est-à-dire un développement peu élaboré des personnages. De plus, ce développement a parfois l’air forcé seulement dans le but de faire venir délibérément toutes sortes de situations. Par exemple, dans l’histoire impliquant Mia et Éric, les ex-amants, les scénaristes passent tout de suite à la scène de baise sans aborder les sentiments que ces deux personnages ressentent toujours l’un envers l’autre. En dépit de ce genre de défaut, les interprètes n’ont rien à se reprocher, surtout Kristin Booth (M.V.P.), qui interprète le personnage le plus développé psychologiquement, ainsi que Carly Pope (Hemingway vs. Callaghan) et Aaron Abrams (Flash of Genius), qui maîtrisent bien l’humour de leurs lignes.

Finalement, ne vous attendez pas à voir un film XXX, mais plutôt une comédie qui vous fera rire et sourire. Franchement, arrêter de lire cette critique insignifiante et allez louer ce film!

Note : 3/5

Young People Fucking

Canada (2007), 90 minutes.

Comédie scénarisée par Martin Gero et Aaron Abrams.

Réalisée par Martin Gero.

Par Yvan Destracteurs

Considérant ma timidité excessive, je tiens à garder l’anonymat afin de pouvoir me défaire de tous ses papas-radis. Également, l’état dans le lequel je me trouve actuellement est le produit de deux nuits blanches à anticiper une première fin de session universitaire. Voici mon délire post-examen-d’europe-moderne et post-examen-d’antiquité.

Eh bien non, la réponse à votre question « Mais est-ce un article écrit de manière à combler une page blanche? » Comme répondrait monsieur le curé de mon villâââge, « Ne craignez rien mes enfants, car les brebis égarées retrouvent le chemin grâce à la gloire de Dieu. » *Phrase hors contexte pour mettre de l’emphase en périphérie de ma réponse*: Non.

Alors ne trouvant pas le sommeil à 00:14, (Il semble que je sois sur le meilleur trip de ma vie, et ce, sans substances illicites, simplement un peu de stress, un manque flagrant de sommeil et quelques débilités qui traversent mon esprit…) la veille de l’examen de moyen-âge, je décidais de partager avec vous la profonde analyse des mystères de la vie.

1. Étant l’unique représentante Asbestrienne de l’A.É.H.U.M.(Représentation au sens figuré, car si je voulais réellement représenter ma lointaine contrée, je devrais être une octogénaire, obèse et alcoolique, ce qui heureusement n’est pas encore survenu), je diffuse le message d’espoir lancé par ma terre: eh bien non! L’amiante n’a PAS les mêmes fonctions que l’entraxe, c’est à dire, vous n’aurez pas le cancer en lisant ce magnifique panégyrique et encore moins en me touchant. Il ne faut pas me poser la question. C’est relatif à demander à M. Prévost (Voulant garder un esprit professionnel) s’il a une cirrhose du foie parce qu’il est natif du Lac-Saint-Jean. Eh vlan dans les dents!

2. Vous ne connaissez pas Lucius Antonius Saturninus?
Moi non plus.

3. *ATTENTION SPOILER* Voici ma partie: Chronique filmographique
Eh bien oui! Je suis allée voir le film Twilight, et malgré moi j’ai aimé ce film hautement prévisible et quétaine. Dans cette réalisation pré-pubaire, il est possible de constater que notre inconscient collectif joue un rôle très important. En effet, l’aventure amoureuse qui se déroule dans l’univers vampiresque-pseudo-maniaque est hautement plus intéressante que si le film c’était déroulé en Abitibi en 1989. J’anticipe déjà le scénario, une mineure de descendance amérindienne et un gars de la mine, vêtu tous deux de coton ouaté rose et turquoise, s’embrassant sous le nuage de mouches à chevreuil. *****.- par Le gros Destracteurs

4. Eh bien oui, M. Destracteurs est aussi un thérapeute de couple à temps partiel! Suite à ma récente rupture, j’affirme que les couples c’est trop compliqué. Les femmes ne savent pas ce qu’elles veulent et les gars non plus… Bien que l’homme reste un animal social, il devrait essayer le mode Solo. Pas le capitaine, ni le cellulaire. Par contre, l’esprit animal en viendrait, suite aux méandres de la vie, à refaire surface. Alors mon conseil est le suivant, après avoir vérifié par moi-même et sous la supervision d’un adulte, il est beaucoup plus aisé de fréquenter un gaucher-e lorsqu’on est gaucher-e et un droitier-e lorsqu’on est droitier-e. Tout cela dans le but d’éviter des chicanes de coudes.

5. Mon amour, mon minou (Ça passe encore), mais pas ma toutoune ou ma pitoune. Fin de la chronique couple.

6. Étant aussi philosophe à mes heures, je me dois de divulguer mon message: Le Vert et le Rouge ne sont pas des couleurs faites pour être agencées ensemble.

7. Note à moi-même: Un lit, c’est fait pour dormir/et-ou/pour-pratiquer-des-sports-noctures, mais pas pour étudier. Cela commence sournoisement, le portable dans le lit défait, puis les livres se joignent à la partie. Ensuite, on est trop bien installé pour envisager changer de place alors on finit par manger son pâté chinois sur le lit. Avec un peu de chance tout va encore bien à cette étape. Mais le drame se traduit lorsqu’on apporte la boîte de délicieux biscuits David (Ceux qui goûtent l’érable pour ceux qui ne sont pas maître dans l’art culinaire) Ils sont subtils. Lorsqu’on se couche, on se révèle être victime d’un dangereux complot. Les miettes de biscuits ont envahi le lieu de repos…

8. Finalement, pour Marianne, Bonzour Mademoizelle Subway, z’aimerais za avoir un zizi peu de zalade dans mon zumarin. Zcuzer-moi, ze zézète un zizi peu.
00:45, ma mission est terminée, je peux enfin aller me coucher quelques heures en prévision de mon examen très matinal et peu convivial de moyen-âge.

PS: Je constate le lendemain, que la teneur de cet article est hautement supérieure en qualité et en pertinence que la première page du journal de Montréal d’aujourd’hui : « Québec a renié le sapin de Noël. » On y voit un sapin de Noël ainsi que notre cher et aimé Jean Charest applaudissant d’un air tout frais et débile léger. Un vrai roman photo… Un problème de terminologie se transforme en drame multiculturel. – Conseil à Monsieur Charest : Mautadine, on est au Québec, les sapins qui soient de Noël ou pas, y en a partout et je ne pense pas que le mot « grand » et « fêtes » plutôt que « Sapin de Noël » va réellement changer quelque chose. (Voir archive du 11 décembre 2008)

Blague trouvée sur Internet, traduite de l’anglais et légèrement augmentée
par Jérémie Thériault-Langelier

Il est 11h30 du matin. Dieu décide finalement de sortir du lit et débute son œuvre sur Terre.

Le premier jour, Dieu créa le chien et lui dit : « Assis-toi devant la porte et aboie à tous les visiteurs et passants. Pour cela, je te donne une durée de vie de 20 ans ». Le chien répond : « C’est une vie longue à toujours japper. Qu’est-ce que tu dis si je prends seulement 10 ans et je te redonne les 10 autres? ». Alors Dieu, dans toute sa magnanimité, accepta l’offre.

Le second jour, Dieu créa le singe et dit : « Amuse les gens, fait des pirouettes et fait les rire. Pour cela, je te donne une durée de vie de 20 ans aussi ». Le singe rétorque : « Des pirouettes pendant 20 ans? C’est un peu long à tenir. Et si je gardais 10 ans et te redonnais les 10 autres comme le chien? ». Dieu, étant si charitable, accepta l’offre.

Le troisième jour, Dieu créa la vache et proclama : « Tu dois aller au champ avec le fermier toute la journée et souffrir sous le soleil, mettre au monde plusieurs veaux et donner du lait au fermier pour qu’il puisse nourrir sa famille. Pour cela, je te donne une durée de vie de 60 ans ». La vache répond promptement : « C’est quand même une vie assez dure, et pendant 60 ans en plus! Et si c’était seulement 20 ans et je te redonne les 40 autres? ». Dieu, rempli de bonté, accepta l’offre une fois de plus.

Le quatrième jour, Dieu créa finalement l’Homme et dit : « Mange, dort, joue, marrie-toi et apprécie ta vie. Pour cela, je te donne 20 ans ». Mais, l’Homme dit, insistant : « Seulement 20 ans? Est-ce possible de me donner ces 20 ans plus les 40 ans que la vache a refusé, les 10 ans du singe et les 10 ans du chien – ça fait 80 belles années, d’accord? ». L’Homme souriait à Dieu pour attirer sa faveur. Dieu le regarda, pensa à cette offre un peu inhabituelle pour les animaux de la Terre, et afficha un petit sourire légèrement mesquin sur son visage. « D’accord », rétorqua Dieu d’un ton assuré, « Si tu es sûr de ton coup ».

Alors, c’est pourquoi que pendant nos 20 premières années nous mangeons, nous dormons, nous jouons et nous nous amusons. Pour les 40 années suivantes, nous sommes esclaves sous le soleil pour nourrir notre famille. Ensuite, pour les 10 années suivantes, nous faisons des pirouettes et des singeries pour épater nos petits enfants. Et pour les 10 dernières années, nous nous asseyons sur la galerie et aboyons à tous les passants.

Et ceci, mes amis, est le réel sens de la vie. Maintenant vous savez.

par Kevin Audet-Vallée

Jérémie dit :
Phil Gendron t’as tu parlé pour le blanc à remplir dans le Sablier?
Le Kevin. dit :
Ah oui, 3/4 de page?
Le Kevin. dit :
Hum.
Le Kevin. dit :
Défi.
Jérémie dit :
Moi j’ai ketchose qui pourrait faire 1 page.
Le Kevin. dit :
Ce serait ?
Jérémie dit :
Une blague, section humour.
Jérémie dit :
Mais, on est à 17 pages là, donc faudrait se rendre à 20.
Le Kevin. dit :
Okay.
Jérémie dit :
Faque ta page + ma page, y’en manquerait une.
Le Kevin. dit :
Okay
Jérémie dit :
Je demande à Phil si y ‘aurait pas de quoi d’autre.
Jérémie dit :
J’ai trouvé de quoi… alors si tu m’envoies ta page, je termine ça à soir.
Le Kevin. dit :
Okay.
Le Kevin. dit :
J’essaie de penser…
Jérémie dit :
Ok check, si t’as rien, s’pas grave… j’peux faire sans.
Jérémie dit :
M’a faire 2-3 pirouettes de mise en page, et hop! Voilà!
Le Kevin. dit :
Nonon!
Le Kevin. dit :
J’ai commencé
Jérémie dit :
Ok.
Le Kevin. dit :
Choke moi pas haha
Jérémie dit :
Haha.
Jérémie dit :
Ok.
Jérémie dit :
Ça va être dans quelle section? Humour?
Le Kevin. dit :
Hum…
Le Kevin. dit :
Moui.

Éditorial de décembre 2008

Site Internet

Pour la première fois de son histoire, le blogue/site officiel du Sablier a franchi le cap des 500 visiteurs pour le mois de novembre! Continuez à l’utiliser en grand nombre et n’oubliez pas que vous pouvez y laisser vos questions et commentaires concernant tel ou tel article.

Joyeuses fêtes!

Pour vous faire oublier cette fin de session d’enfer le temps de quelques secondes, l’équipe du Sablier tient à vous souhaiter à toutes et à tous un joyeux temps des fêtes quel que soient vos croyances… ben oui, les accommodements raisonnables nous interdisent de dire les deux mots en N…

Avis de recherche

- On demande quatre petites roues pour fixer sur un gros traineau rouge. Cause : manque de neige. Composez le 1-800-765-HOHO, demandez Victor L.

- Rudolf Renneaunezrouge : aperçu pour la dernière fois à la sortie du McCarrol’s le 26 décembre 2007 accompagné d’une bande d’historien saouls. Caractéristiques : nez rouge, allure titubante, poilu et malpropre. Prière de ne pas confondre avec un historien en fin de session.

Par Louis Otis

Bon. Selon mon horoscope du mois dernier, novembre sera « gris et déprimant ». C’est peut-être pour ça que le dernier numéro du Sablier m’a vraiment écœuré pis que ce mois-ci je vais me défouler, sans sérieux évidemment, entre un travail d’intellectuels québécois et un autre de Moyen Âge. Chaque article va passer au batte passque c’tait vraiment pas fort les gars et les filles. Donc, barricadez vos portes et fenêtres et attachez votre chien solidement après un arbre passque l’ouragan va vous tomber dessus en etol.

Bon on commence par la page couverture. Pas fort pantoute. Je lis « Le (rectangle) Sablier (rectangle) ». C’est quoi les rectangles?? J’va vous le dire moi c’est quoi : C’EST LAITTE! J’lirai pas la citation en dessous du titre, mais on retrouve encore une gang de rectangles après chaque mot. C’est encore plus laitte que tantôt! Pis en-dessous on a une suggestion de lecture. Y’a tu vraiment quelqu’un qui va le lire? NON. Donc, faites une suggestion qui a de l’allure. Moi je recommande l’édition du mois de décembre de Maxim. Bon faut que quelqu’un fasse le travail passque sinon… Hein?

On se transporte à la page 2. C’est plate, mais je sais que c’est pas fait pour être la page la plus intéressante du journal. J’vous donne un break, mais profitez-en passque vous en aurez pas beaucoup. Mais que vois-je sur la partie gauche de la page? Un autre rectangle! Vous avez l’air de les aimer en soda vos rectangles. Pis à la fin on lit que quelques lignes d’un article ont été oubliées le mois passé? Eille. C’est qui le responsable de cette bévue? Moi, j’ai pas pu lire ma critique de film au complet pis je suis en ti-pépére. Accuserons-nous le responsable d’être cave et l’enverrons-nous chier? Non passque moi j’fais pas ça. J’viens pas du 418 moi. J’viens du 506. Ça fait klasse (avec un k) hein?

Page 3. Frédérique. Tu pensais que j’te tomberais pas dessus passque t’es nouvelle pis c’est le premier article que t’écris? Watch-moi ben aller. Entre Le Sablier d’octobre et celui de novembre (date de tombée le 3 novembre), y’a eu plus que le tournoi de flag-foot hein? Messemble qu’y a eu escalade, volley 4 contre 4, basket et soccer hein? Pis messemble que t’as participé aux tournois de volley, basket et soccer hein? Ben, comment ça se fait que t’en parles pas? C’est ben les premières années ça qui coupent les coins ronds à chaque fois. Etol. J’va finir ta job : volley on s’est fait détruire mais on a eu du plaisir, basket on s’est fait détruire mais on a eu du plaisir pis soccer on s’est fait détruire mais on a eu du plaisir. Pis en escalade ben une excellente sixième place pour Gabriel, Fred Vachon, Maxime Durand et Isabel. Pis y’ont eu du plaisir! Félicitations! Bon tu vois Fred c’tait pas compliqué hein?

Parlons maintenant des articles d’Hadil [1] [2] et de Steve [1]. Bon mes deux petits écureuils volants préférés. Je commence par quoi? Essayez-vous de repartir un dialogue intellectuel comme dans les journaux des années 1950? Réalisez-vous que vos articles sont trop intellectuels pour le monde BS que sont les membres de l’AÉHUM et dont je suis le porte-parole? Abaissez-vous à notre niveau SVP. Ou au moins au mien.

Kevin, Kevin, Kevin. Tu tentes ta chance en art contemporain mon loup hein? Pis Jérémie, Jérémie, Jérémie. Kevin n’a pas assez contribué donc on va lui faire écrire un article d’art contemporain encore? Pis la plupart des interfacs, pis l’activité au verger, pis la vie en général à l’association? On en parle pas mais on se lâche lousse sur l’art contemporain? T’étais au basket pis aux pommes faque t’aurais pu écrire un article sur ça au pire. Pis mon petit Craig Billington de Kevin, on venait de se faire battre au hockey quand t’as écrit ton article… T’as pas pensé à raconter le tournoi?! Pourtant, ça devait être aussi frais dans ta mémoire que les tartes aux fraises et à la rhubarbe de mémère pas vrai? Jérémie j’va te g’ler dans la bande tout de suite tant qu’à faire. T’as l’air vraiment fier d’être un chroniqueur apolitique. Allume le grand. En vois-tu plusieurs articles politiques dans Le Sablier? Moi non plus pis ma vue est à -3,75. Pourtant, tu le dis à peu près 100 fois dans ton article de la page 12 que t’es chroniqueur apolitique. BIG DEAL. Pis Etol.

Bon à qui le tour? Peu importe, je tire sur tout le monde comme un Russe borracho avec sa kalachnikov bulgare, c’est-à-dire partout, mais tout croche. On va dire Félix. Bon là faut j’le dise… Y’a des limites. D’abord, y’a eu Phil Gendron qui insultait le ping-pong mais j’me suis fermé la trappe. Mais la Félix qui s’attaque à la course automobile et qui prend les rednecks pour des caves? T’as traversé la ligne mon ti-pitt. Tu sauras Félix que la course automobile c’est TRÈS technique et aussi tactique. Tu dis qu’y a juste le dernier tour de la dernière course qui a été intéressant? Non mais ça va faire les niaiseries. Pis j’va t’en faire un commentaire sur le hockey. C’est comme dire que le seul match qui compte au hockey c’est le dernier des playoff. La centaine d’autres matchs veut rien dire hein? N’importe quoi ton affaire. Pis à part de t’sa, oui je suis déjà allé à Dallas et que c’est original en sale comme ville. Tu t’attendais pas à ça hein? Et vlan.

Ma p’tite vache a mal aux pattes… Maxime Durand. Ton texte de la page 3 est pas péï comme dirait mon bon ami Ron Fournier. Ton poème de la page 16, ben j’vais m’y attarder un peu. Tsé, tu peux varier tes rimes hein? Dans le texte, y’a au moins 7 mots qui finISSENT en –ISSE. Ben ça me gosse en câlICE. Tu vois? Moi aussi j’suis un poète. Etol. Pis tes critiques culinaires? Bonne initiative, mais au rythme où tu vas, on en a pour jusqu’à la séparation du Québec c’est-à-dire jusqu’à ce que God fasse sauter la Terre. Donc j’vais les finir ça va aller plus vite. Al-Amine ça coûte pas cher mais ça vaut pas cher non plus. Almanar ça coûte plus cher mais ça vaut moins cher. Pis avis aux amateurs, y servent pas de « pipe au shish taouk ». Frite alors! c’est correct. Pizzadélic c’est cher, les portions sont petites mais c’est bon. Pizza Fiore c’est encore plus cher, les portions sont encore plus grosses pis c’est encore meilleur. Nickel’s j’ai été malade les deux fois que j’y suis allé. St-Hubert si vous connaissez pas encore ça y doit avoir un hospice quelque part en ville. Les Français qui ont lu jusqu’ici sont pardonnés. La Brûlerie c’est correct, la cafétéria de l’école c’est de la marde pis Mike’s c’est moyen. Y m’en manque une couple mais je vous reviens en janvier c’est promis.

Parlant de nourriture, disons que l’article de Simon me donne pas le goût de manger. C’est hardcore un peu hein? Parlez-vous tous comme ça à Québec? J’me posais des questions mais j’me dis qu’il vient du 418 donc ça doit être normal. On dirait que tu vises au moins tes deux colocs dans ton article hein? Tout va bien dans votre ménage à trois? Tu t’entends bien avec tes colocs, colocs? (As-tu vu? J’ai mis deux fois le mot coloc. Tu l’avais pas vu? Ça fait référence aux deux colocs que t’as blasté dans ton article. J’te gage qu’en bout de ligne c’est toi qui a fini par aller chier hein?).

Ça achève. À qui le tour? À notre rédacteur en chef? Non je vais le garder pour la fin celui-là, son chapeau pis ses idées séparatistes. Pfff! Disons Anh Khoi, notre chroniqueur apolitique cinéphile préféré. Bon j’pense que c’est pas en disant aux gens que « si vous êtes un fier Canadien, allez voir ce film » que tu vas convaincre la bande de sécessionnistes qui sème la terreur au département. Pis dans la deuxième critique, tu dis « même si le film est extrêmement divertissant » pis après tu rajoutes « (de l’avis de l’auteur de cette critique) ». Écoute le gros, t’as pas besoin de préciser. Ton nom est écrit en dessous du titre faque j’m’imaginais pas que c’était le chien saucisse de Nicolas Martinez qui pensait ça. Pis on dirait toujours que le film que tu critiques aurait pu être un chef d’œuvre mais qu’il lui manquait un petit quelque chose. C’est impossible! Blast-les. Visualise. Fais comme les Vietcongs d’Ho Chi Minh, cache-toi dans la jungle pis quand les Américains passent, ben TAGADAGADA. Tu tires dessus comme un déchaîné. Mais là les Américains représentaient le film que tu critiques. J’veux pas ouvrir mon Journal de Montréal demain matin pis lire que t’as assassiné une demi-douzaine d’Amerloques.

Bon au tour de Sébastien maintenant. Toi t’es chanceux passque j’vais te shooter des fleurs. Oui, des fleurs de caoutchouc en forme de puck de hockey. Non c’est une blague passque grâce à ton P.S. t’auras pas encore besoin de dentier. Je te cite : « Par ailleurs, le terme de régime mao-lénino-stalino-trotsko-castro-marxiste veut peut-être pas dire grand-chose, mais c’est plus facile écrire ça que gauche, d’autant que ce terme peut porter à confusion à savoir entre la direction d’un parti politique ou de son habilité d’exécution et d’élocution, ainsi, dire un parti de gauche ne veut pas toujours dire un parti avec des idées socialistes, le parti de Harper est un parti de gauche au sens où l’on ne l’interprète pas de façon droite quand on regarde ses ministres gauches avec leurs discours pas adroits ». C’est long en sale mais ça vaut la peine. Chapeau.

Parlant de chapeau, voici finalement venu le tour de Philippe Gendron, ou Filou Félin comme il aime bien se faire appeler. Mais appelez-le comme vous voudrez, y va passer au batte lui avec. Bon môssieu veut se séparer? Mon animal, tu veux détruire le Canada que j’aime. Qu’est-ce vous allez faire sans mon Acadie? Vous aurez pu d’endroit où aller à la plage pis jeter vos déchets partout. Vous pourrez pu aller dans les restaurants pis chialer parcque vous comprenez pas c’que le monde dit même si y parlent en français. Vous pourrez pu v’nir chez nous conduire comme des épais pis causer des accidents à gauche pis à drètte. … Ben à bien y penser séparez-vous donc, ça nous donnera un break. Encore mieux, en attendant la séparation, restez chez vous pis allez pu dans le reste du Canada si vous l’haïssez tant que ça. Bon j’y ai tu dit?

Sauf erreur, j’ai critiqué le travail de chaque étudiant qui a écrit dans le dernier numéro de façon tout à fait scientifique. Si j’ai oublié quelqu’un et que cette personne est déçue, je m’en excuse. Je voulais sans doute vous faire passer un mauvais quart d’heure, mais ce sera pour une autre fois. On verra ce que mon horoscope me réserve pour le mois de décembre. Je répète que mes commentaires ne sont pas du tout sérieux. Mais pour pouvoir commenter, j’ai lu chacun de vos articles avec intérêt et ils étaient tous bons. Continuez le beau travail. Sur ce, joyeux Noël et bonne année!

Opinion sur Louis Otis

Par Marianne Martin

Ce que j’aimerais rétorquer à Louis Otis pour son article Quand un acadien «pète sa coche», parce qu’il manque quelques lignes pour boucler la mise en page.

J’ai cru remarqué que dans ton article, qui paraît drôlement dans la même parution, que tu pétais ta coche sur Frédérique parce qu’il y avait plus qu’un Interfac entre les deux dernière parutions. Hey bien sache que c’est parce que j’étais supposé en écrire un sur le Volleyball mais que je n’ai pas eu le temps! Mais vu que tu as terminée la job, la prochaine fois tu les écriras!

Signée Marianne Martin, qui pense que Louis Otis en a après les premières années, :-)

Mais tout ceci n’est qu’une blague, évidemment! Un simple prétexte pour remplir le bout de page qui serait resté blanc. Joyeux Noël!

Par Sébastien Bordage

Oui, oui, vous avez bien lu. Ceci ne sera pas un article de nature humoristique, mais vise plutôt à remettre en perspective certains éléments abordés lors des dernières parutions du Sablier. Car devant certains propos émis par mes camarades, je ressens l’obligation de remettre <>. Permettez-moi ici d’expliquer ma pensée; je considère les articles Diatribe Défécatoire et Entroque philanthropique comme un train qui a déraillé, et malgré le texte d’Hadil visant à donner une perception un peu plus pertinente et avec un plus de tact, j’aimerais tout de même y faire une critique. Ce texte sera donc une série de remarques personnelles sur des petits points et je le commence de ce pas.

Premièrement, j’aimerais que l’on m’explique ce retour à la phase anale de Freud avec toutes ces allusions stupides de nature sexuelle. Je peux comprendre qu’il s’agit ici de métaphores visant simplement à détendre l’atmosphère, mais je crois tout de même qu’il y a un certain abus commis dans ces textes et ceci devient de mauvais goût. En tant qu’adulte, je crois qu’il y a moyen d’employer d’autres termes que des mots vulgaires dignes d’enfants de douze ans.

Deuxièmement, pour retourner à l’origine des choses, Steve n’a cherché qu’à susciter un débat sur un sujet donné. Sans vouloir me porter à sa défense (car il est capable de le faire par lui-même), je n’ai jamais lu dans son article quelque phrase que ce soit où il mentionne que sa perception des choses est la vérité absolue. Je crois que certaines personnes devraient se prêter à une relecture du texte. Ceci dit, bien que le désir de susciter un débat soit fort louable (ne serait-ce que pour maintenir en santé nos neurones), je crois qu’il y a tout de même une façon de présenter les choses pour encourager les gens à participer au débat. Selon ma vision des choses, je trouve que Diatribe Défécatoire manquait de tact et, de par sa nature inutilement provocante, ne pouvait réellement susciter un quelconque débat sinon des répliques acerbes.

Troisièmement, pour avoir assisté à de nombreux CE (et je me permettrais même d’avancer que j’ai assisté à probablement davantage de CE que certains membres exécutifs de ce même comité), il me semble y avoir entendu de nombreux discours sur l’importance du respect d’autrui, l’égalité de tous les membres et sur l’importance d’une communication viable et saine. Comment comptez-vous inciter de nouveaux étudiants à rejoindre la politique étudiante lorsque vous dégagez l’image de luttes intestines et carrément enfantines? Il va de soi, lorsque l’on fait une relecture de ces articles, <> si vous me permettez l’expression. Il est normal et souhaitable pour un individu de s’exprimer et de faire valoir ses opinions, mais il y a une façon respectueuse de présenter les choses. Ce genre d’insultes, malgré une subtilité quasi humoristique, n’a pas sa place, à mon avis, dans ce journal. Même s’il s’agit d’énoncer son désaccord ou pour critiquer un sujet donné, je maintiens qu’on peut le faire sans insulter quelqu’un ou dégrader de façon insultante et gratuite.

Quatrièmement, bien que je déplore le manque de participation générale au sein de l’A.É.H.U.M., il faut savoir respecter le choix de ceux qui ne veulent pas s’y mêler (et quand je regarde les critiques émises à l’égard de certaines personnes, je me demande si ceux qui n’y participent pas font bien de rester chez eux). Ceci dit, il est vrai que l’on peut légitimement faire des efforts pour les encourager et les intéresser à s’impliquer dans l’association, mais on ne peut pas leur tordre un bras. Les intérêts des individus varient grandement et il faut donc savoir quand arrêter de s’acharner à rechercher l’implication de tous et chacun(e). D’autant plus quand les critiques concernant le faible taux de participation sont adressées à la seule minorité étudiante qui s’implique dans l’association d’histoire.

En conclusion, bien que je croie que n’importe quel sujet peut être matière à caricature, il faut savoir quand arrêter l’exagération (et je parle en connaissance de cause) avant que cela ne devienne plus drôle. Je crains malheureusement que la limite a été franchie à quelques reprises, mais, certes, je ne suis pas en train d’écrire ce texte pour exiger des excuses ou pour dénoncer un individu, mais bien pour ramener tous ces textes à l’intention d’origine, celui de susciter un débat selon des propos rationnels et pertinents.

Plénitude incendiaire

[Note à l'auteur de l'article: Le Sablier tient à s'excuser de toute erreur de retranscription de ce texte dans la version Internet de l'article. En aucun cas nous n'avons voulu censurer ce texte-ci. Merci.]

Par Steve Lamarche

Ça y est, c’est écrit, au vu et au su de tous et toutes, le gouvernement s’empresse d’en découdre de ses ressources, pour la postérité individuelle. Nos élu-e-s, nos chers et chères compatriotes, ont usé d’un vent de nonchalance, d’une inébranlable quête de reconnaissance, puisant dans les eaux les plus tourmentées malgré tout, un brin de contentement. Enfin dirons-nous, il nous est possible de jouir davantage du fruit laborieux de notre intellect. Car de nos mains, nous n’en obtiendrions que si peu. Ce qu’il faut, c’est la reconnaissance du cerveau, de l’idée, de la spécialité. Nous sommes uniques, et notre gouvernement nous en est reconnaissant. Nous sommes seul-e-s et uniques, en fait. Même l’infime brin communautaire se meurt dans son propre paradoxe d’être le fruit d’individuel-le-s.

Où alors aller chercher les certitudes, celles qui transforment en actions et en états, nos idéologies profondes? L’ouest s’avère perdu d’avance : occident de tous les maux, prévôt du satanisme oublié. L’Orient s’élève. Celui-là apporte un vent de nouveauté, par la récupération des vieux systèmes. Le précédent, quant à lui, s’est effondré, et la barrière de nos cœurs nous en éloigne, nous le fait craindre.

Il faut chercher outre cette dichotomisation diront certains et certaines, trouver une nouvelle tangente. Que faire d’une nouvelle tangente, dès lors que nos sens nous dictent l’inaction, produisant une pléthore de réactions pécuniaires? Pourquoi nous lever, quand rester assis procure, en plus du loisir de la nonchalance, ce qu’il faut pour ne pas avoir à se lever?

Où en étions-nous donc? Oui, à ces transferts monétaires, du centre au particulier, du chef au discipliné. La discipline, celle en effet que nous inculquons à nos jeunesses. Qui veut d’un système d’éducation gratuit, lorsqu’il est justement bâti sur le principe que rien ne coûte rien? Qui veut d’un système d’éducation de qualité, quand tout ce qui compte, c’est de trouver l’emploi, la voie, la vie? Qui voudrait, encore là, d’un système d’éducation accessible à tous, quand les jeunes honnissent par-dessus tout les bancs d’école? Rendons-les heureux et heureuses. Ils et elles veulent travailler : faisons-les travailler. L’éducation est la porte d’entrée vers la société, et là-dessus, même les plus bougons s’en voient en nécessité d’acquiescer. Elle est nécessaire pour comprendre une société, de l’intérieur. Pourquoi donc réformer ce pan d’insertion, lorsqu’il convient déjà au modèle social en vigueur?

Notre politique nationale est défaillante. Les gens ne laissent pas suffisamment la chance au coureur, qui par stress et pression, échoue souvent à parfaire son parcours. Car il s’agit en effet d’un parcours bien à lui, d’idées toutes personnelles, mais qui élevées au rang de chef, dirigent telle une étoffe gantelée de fer, l’essentiel du troupeau. Depuis l’Ancien Testament les preuves culminent pour démontrer cette nécessité d’être dirigé-e-s. Dieu l’a prouvé; le marché l’exerce, ses tenants aussi. Dieu aurait-il tort? S’il existe, il est infaillible, s’il n’existe pas, sa non-existence n’admet pas qu’il puisse ne pas avoir raison. D’une logique socratique nous écartons de visée les intentions d’admettre qu’il y a d’autres modèles. Nous tenons au marché, nous y louons jusqu’à nos moindres sous. C’est d’un état religieux – spirituel – dont il est question, et non d’une simple question matérielle. Aucune raison ne chapeaute cet état ataraxique connu lors d’un achat. C’est le besoin, ou l’illusion d’un besoin. Désormais, ces échanges sont mondiaux, pourvus d’une volonté d’unification. Qu’y a-t-il de mieux que l’union, le consensus? C’est l’harmonie à son paroxysme.

Ceci amène à mentionner la question internationale, plutôt de la communication internationale. Certains originaux (tous des hommes en effet) ont, il y a longtemps, élaboré une langue internationale, dépourvue des préjugés et classifications qui font d’une langue ce qu’elle est : un véhicule culturel. Eh bien camarades, ce langage, existe depuis fort longtemps. Les grands et les grandes de ce monde l’ont louangé, l’ont développé, affiné, aux besoins du temps. Je parle ici de l’argent, du marché. Seul véritable moteur d’unification et de relations internationales. Qu’en serait-il des échanges mondiaux et de la télécommunication, sans la nécessité du marché? D’autres originaux et marginales se positionnent sur l’immoralité du marché. Mais là, ils et elles semblent oublier qu’il n’y a pas de morale à telle entité. Dieu a-t-il une morale? Si oui, pourquoi permet-il les génocides, pour ne mentionner que ceux-ci?

Mais nous divaguons. L’exposé présent s’avère pourvu d’une volonté multiple, et d’un enthousiasme à tout rompre. L’évolution est, au mieux, un mal nécessaire, et toute révolution, un mal absolu. Du moins, c’est ce qu’en pensent nos dirigeants et nos dirigeantes, élu-e-s par nous, pour leurs idées. Simple effet corollaire : nous pensons comme eux sur la majorité des points. Les élu-e-s sont une prolongation de nos êtres, une fusion des volontés communes en un point. Ces individus ne représentent-ils pas l’ensemble de la société ? De ce simple fait, ils et elles en sont une somme, un produit, l’effet d’une équation. Plus qu’un simple pourcentage, ce sont d’idées qu’il s’agit. Si le chef le veut, c’est donc parce que nous le voulons. N’est-ce pas?

Le monde approche l’état de plénitude à grands pas. Mais c’est d’un incendie qu’il s’agit, d’une destruction. Complète dans son essence, à coûts élevés. L’apex climatique est proche, et celui de l’espèce également. Le feu est. Mais tout bon incendiaire sait qu’il est maniable. La question est donc la suivante : où dirigerons-nous l’incendie? Frapperons-nous les grands de ce monde, en plein coït monétaire, ou la planète elle-même? C’est un appel clair à l’anarchie, au chaos et la désolation. Pris seul, un individuel (qu’il soit homme ou femme) peine à se départir de son confort, de sa nonchalance. Regroupé, le même individu parvient à beaucoup pour le simple fait qu’il n’est plus isolé. Le matériel offre une protection, un confort que seules les relations sociales peuvent égaler, voire dépasser.

Le feu est. C’est à nous de décider de quoi il brûlera. Il est interdit de ne pas se salir les mains. Même l’inaction apporte son lot de taches. Depuis quand acceptons-nous d’être dirigé-e-s ? Depuis quand ose-t-on clamer «liberté!», alors que nous acceptons de nous soumettre? Pourquoi acceptons-nous cet état d’inféodation fécale? Pour le bien commun? Soyez moins hypocrites, je vous en prie. Depuis quand le bien commun nécessite-t-il de privilégier certains et certaines plutôt que tous et toutes? Si pour vous le bien commun nécessite ces structures, c’est qu’il rime avec inégalité, et c’est là le cœur de l’illogisme. L’humain est-il naturellement porté à autant vouloir détruire son prochain? Au point où il faille donner à des gens un pouvoir permanent, absolu?

Toutes ces questions vous donnent mal à la tête ? Tant mieux. C’est que vous vous posez des questions. À qui désire une existence éclairée se doit d’accepter de souffrir un peu dans le meilleur des mondes. Mais celui que nous foulons est vil et servile… Se contraindre, ne pas questionner, et accepter. Obéir. Ce sont là les principaux éléments qui détruisent la volonté humaine, l’amène à l’état d’âme errante d’un sofa au téléviseur.

Par Marianne Martin

En ce merveilleux temps des fêtes qu’on n’avait pas vu venir, j’en profite pour vous rappeler que c’est un temps de réjouissance où la joie et l’allégresse sont au rendez-vous. De plus, si vous buvez, ne prenez pas le volant sous peine de ne pas pouvoir revenir batifoler en janvier avec votre gang du département d’Histoire préférée. C’est donc avec beaucoup d’esprit du temps des fêtes que je me questionne sur les différentes façons de s’éclater durant le temps des fêtes 2008-2009.

Qu’est-ce qui ne signifie pas plus Noël et l’arrivée du temps des fêtes que les airs festives et pleines de joie de Johanne Blouin qui chante Noël dans les épiceries? Le temps des fêtes commence dans ces établissements avant même que le Père Noël fasse la descente de tous les centres d’achats, en date du 23 novembre cette année. J’ai la désagréable tâche de vous dire que malheureusement, on est bel et bien pris dans l’enfer du temps des fêtes. Pour pallier à la situation, il me fait plaisir aujourd’hui de vous donner quelques idées pour vous sortir complètement l’école de la tête pendant ce LONG congé de deux semaines.

D’abord, c’est l’occasion pour l’étudiant type de renouer avec ses habitudes, mises au rancard pour faciliter la fin de session, c’est-à-dire, se péter littéralement la face en dansant comme un défoncé, avec grand-maman, sur l’aire de danse du salon de la tante Sylvie. En plus de préparer le sérum qui mettra le feu à votre party de famille, soit l’élément corsé, fortement conseillé d’être à base de scotch (pour Phil!), vous pouvez aussi vous occuper des décorations de Noël à l’extérieur de la maison, ce qui fera, sans doute, bien plaisir à vos si gentils parents! N’oubliez surtout pas de leurs offrir une petite pensée pour Noël!

Après la consultation de certains étudiants, j’en suis venue à certaines conclusions. Ces jeunes gringalets m’ont affirmé que pour pallier à l’ennui du temps des fêtes, ils se gavaient de pizza pochette jusqu’à ce que mort s’en suive, faire un top dix des hommes les plus craquants de la planète, monter et démonter un meuble Ikea, tenter de réanimer un écureuil vivant et ainsi de suite.

Si vous voulez assurément passer un beau et bon temps des fêtes, faites-vous donc beaucoup de plaisirs et essayer de ne pas penser que les cours recommencent dans la deuxième semaine de janvier. Sur ce, bon temps des fêtes chers historiens!

Chantons chantons Noël

Par Philippe Gendron

Noël approche! Tout comme moi vous avez votre quota des albums de Noël de Marie-Elaine Thibert, Mario Pelchat et Bruno Pelletier? Eh bien, cette chronique est pour vous! Je me suis proposé d’écouter quelques albums de Noël non traditionnels qui pourront vous surprendre.

Vous en avez marre de vous endormir pendant vos réveillons au son d’une musique ennuyante? Noël dans la rue est pour vous! Il s’agit en fait de trois albums d’artistes variés du Québec pour la plupart. On retrouve entre autres « So this is Christmas » par Quo Vadis, « Caroll of the Bells » par Groovy Aardvark ainsi que « Falalalala » par Redcore pour ne nommer que ceux-là. Bref, c’est une excellente façon de tester vos « mononcles cool», vous n’aurez jamais autant « trasher » dans vos réveillons.

Amateurs de violon, Acadiens ainsi que fans de musique celtique et écossaise voudront se procurer « A Cape Breton Christmas » par Ashley MacIsaac. Très versatile, ce Canadien nous présente des chansons de Noël en anglais, en français ainsi qu’en gaélique. On y trouve des classiques de noël tel « Il est né», « Ciuin An Oidhach » (version gaélique de « Silent night ») et un classique de la musique écossaise « Auld Lang Syne » mieux connu en français comme « Ce n’est qu’un au revoir». On retrouve également des pièces plus vivantes comme un medley pour enfants contenant entre autres « Jingle Bells » et « on l’appelait Nez rouge». Puisque MacIsaac est un excellent violoniste, le plus grand intérêt de son album réside dans les « Reel » qui vous rappelleront peut-être vos soirées passées à écouter votre grand-père violoneux.Amateurs de violon, Acadiens ainsi que fans de musique celtique et écossaise voudront se procurer « A Cape Breton Christmas » par Ashley MacIsaac. Très versatile, ce Canadien nous présente des chansons de Noël en anglais, en français ainsi qu’en gaélique. On y trouve des classiques de noël tel « Il est né», « Ciuin An Oidhach » (version gaélique de « Silent night ») et un classique de la musique écossaise « Auld Lang Syne » mieux connu en français comme « Ce n’est qu’un au revoir». On retrouve également des pièces plus vivantes comme un medley pour enfants contenant entre autres « Jingle Bells » et « on l’appelait Nez rouge». Puisque MacIsaac est un excellent violoniste, le plus grand intérêt de son album réside dans les « Reel » qui vous rappelleront peut-être vos soirées passées à écouter votre grand-père violoneux.

Ma dernière suggestion tentera certainement les nostalgiques du vieux rock des années 1970! « The Jethro Tull Christmas Album » vous rappellera la joie provoquée par l’écoute des solos de flute traversière d’Ian Anderson. L’interprétation de « Greensleved » est d’ailleurs exceptionnelle. C’est à se demander comment il peut trouver son souffle. On retrouve également des pièces de compositeurs connus telle « Bourée », de Johann Sebastien Bach, « Holly Herald », de Felix Mendelssohn, et « Pavane », de Gabriel Fauré. À noter que les autres chansons, bien qu’étant pour la plupart inconnues, sont un excellent remplacement aux chansons que vous ne pouvez plus entendre.

En définitive, ces trois albums sont le meilleur remède aux réveillons trop monotones et routiniers. Ils surprendront toute la famille!

Quantum of Solace

Par Anh Khoi Do
Quantum of Solace

Après une année d’attente, force est de constater que Quantum of Solace est un des pires films de la franchise James Bond. Néanmoins, si des fusillades et des explosions suffisent pour vous, alors allez voir ce film.

En pourchassant le meurtrier de son amante Vesper Lynd morte à Venise, James Bond (Daniel Craig), un agent du MI-6, apprend l’existence de l’organisation Quantum. Conséquemment, cela mène Bond à Dominic Greene (Mathieu Almaric). Celui-ci, sous le couvert de philanthropie écologique, orchestre un coup d’État mettant au pouvoir le général Médrano (Joaquín Cosio) afin de pouvoir contrôler les réserves d’eau boliviennes. Dans sa lutte contre l’organisation Quantum, Bond s’allie à Camille (Olga Kurylenko), une femme voulant venger la mort de ses parents aux mains de Médrano.

Si Casino Royale, l’opus précédent, contenait des surprises, Quantum of Solace obéit trop aux vieilles formules de la série. Cela dit, nous avons plutôt droit à un scénario trop conventionnel et fade qui n’évolue que par paliers : Bond découvre quelque chose, donc il ne lâche pas le morceau et des cadavres gisent. Rien de plus, rien de moins. Cependant, à en voir le résultat final, on dirait que cette formule fut poussée dans une zone de laideur incroyable.

Donc, toute exploitation de prémisse semble carrément absente du film. Entre deux scènes d’action enlevante, le développement de Bond est malheureusement figé et unidimensionnel. On aura beau dire, l’approche minimaliste ne fonctionne pas, parce qu’on dirait que seules comptent les scènes d’action. Conséquemment, quoiqu’en dise le réalisateur Marc Forster (Monster’s Ball), ni les dialogues qui sont aussi émincés que de la viande de bœuf vietnamienne ni les scènes d’action n’arrivent à exprimer avec nuances les états d’âme de cette machine de guerre (non, je ne parle pas de la responsable des activités socioculturelles!) qu’est Bond.

Qui plus est, on pourrait même dire que James Bond est tellement en forme que Sir Roger Moore, un ancien interprète de James Bond, peut aller se rhabiller!

En ce qui concerne le jeu de la distribution, il ne s’avère aucunement intéressant, car bon nombre d’entre eux sont pris avec des dialogues qui ne permettent pas d’exprimer la profondeur réelle de leur personnage. Seule Judi Dench (Iris), dans le rôle de M, semble lever le ton avec son jeu. Olga Kurylenko (Paris, je t’aime), démontre un talent dramatique jusqu’alors inconnu vers la fin, mais l’histoire trop mince ne permet pas d’exploiter la personnalité ambigüe de Camille. Pour ce qui est de Mathieu Almaric (Munich), sa performance est trop terne pour pouvoir nous convaincre de sa méchanceté.

Finalement, Quantum of Solace surfe d’une manière honteuse sur le succès de Casino Royale. En gros, ce film affiche les symptômes d’une franchise qui revient aux mauvaises habitudes de l’ère Brosnan : scènes d’action en masse et évacuation de développement dramatique. Si Daniel Craig (Munich) ne bénéficie pas d’une marge de manœuvre pour bien exploiter James Bond comme ce fut le cas dans Casino Royale, on peut dire que ses performances dans les scènes d’action constituent une consolation. Puis dernièrement, depuis quand un film de James Bond ne comporte le passage « My name is Bond, James Bond »?!?! Heureusement que j’avais un laissez-passer pour voir gratuitement ce film.

Note: 2.5/5

Quantum of Solace
Grande-Bretagne/USA (2008), 106 minutes.
Thriller scénarisé par Paul Haggis, Neal Purvis et Robert Wade.
Réalisé par Marc Forster.

The Rebel

Par Anh Khoi Do
The Rebel

Enfin, le plus gros succès du box-office vietnamien sort en DVD au Canada! Avec son premier film d’action de son histoire tourné avec un budget équivalant à trois millions de dollars américains, le Vietnam n’a pas de leçons à recevoir des autres pays asiatiques et encore moins d’Hollywood pour tourner des scènes d’action. Cependant, baissez vos attentes, car ce film n’est pas un chef-d’œuvre comme Hero ou Tigre et Dragon.

1922: Avec l’occupation française, des rébellions anti-françaises éclatent à la grandeur du Vietnam. Pour régler cela, les Français emploient des espions vietnamiens, comme Cuòng (Johnny Nguyên), pour traquer et tuer le chef de ces rébellions. Par contre, se sentant inspiré par le nationalisme de Thúy (Ngô Thanh Vân), Cuòng se tourne contre Sy (Dustin Nguyên), son supérieur, et se joint à la rébellion. Avec son intuition Sy suit les deux rebelles, car il sait que cela le mènera au chef des rebelles.

Évidemment, ce film ne devra pas vous ennuyer, car son rythme évolue plus rapidement que celui d’un film de Trân Anh Hùng (L’odeur de la papaye verte). D’autant plus que bien qu’ayant une structure familière, le scénario de The Rebel n’a pas recourt à trop de tours de manche pathétiques. Donc, nous avons là une histoire somme toute simple. Par contre, les scénaristes sont trop pressés pour passer aux scènes finales. Résultat : le développement des personnages s’avère superficiel. Par exemple, le changement d’allégeance de Cuòng est trop soudain et peu convaincant. En effet, les scénaristes ne prennent pas le temps d’exposer la moindre critique que le héros développe sur le colonialisme français et encore moins sa perception des nationalistes.

Si l’histoire s’avère moyenne, la performance est inégale. Effectivement, nos deux héros, qui sont joués par Johnny Nguyên (The Protector) et la chanteuse Ngô Thanh Vân, ont peu d’expérience pour jouer des scènes dramatiques malgré leurs efforts et les dialogues passables. De plus, ils peinent à nous convaincre qu’une chimie existe entre eux, si chimie il y en a. Aussi bizarre que cela puisse paraître, ce sont les interprètes des méchants, furent-ils des Français ou des Vietnamiens, qui tirent leur épingle du jeu. Évidemment, cela ne doit pas être dur de bien paraître lorsque votre rôle consiste presque entièrement à faire des sautes d’humeur!

En tout cas, si les performances inégales vous déçoivent, chose qui risque de se produire, vous ne serez pas déçu par les scènes de combat. En effet, cela représente une rare occasion pour nous, Canadiens, de voir cet art martial époustouflant qu’est le Viêt Võ Đao. Bien sûr, que serait un film de Viêt Võ Đao sans ces fameux coups de pieds ciseaux.

Tout compte fait, espérons tout de même que ce film saura vous divertir avec ses scènes de combat, surtout ceux du début et de la fin. Alors, pour décrire The Rebel en quelques mots, c’est plutôt un mélange maladroit entre un drame historique et les arts martiaux. Certes, les acteurs font de leur mieux pour défendre leur personnage, ce qui évite au film de tomber dans la stupidité propre à certains films hollywoodiens.

Note : 3/5

The Rebel
Vietnam (2007), 104 minutes
Drame historique scénarisé par Johnny Nguyên, Charlie Nguyên et Dominic Pereira
Réalisé par Charlie Nguyên

Par Anh Khoi Do

Que Dieu bénisse l'AmériqueAvec ce film, le réalisateur Robert Morin (Le Nèg) demeure fidèle à sa réputation au mauvais sens du terme: si son film se veut provocant, le scénario, lui, est très moyen. De plus, en tant que drame policier, ce film nous fait parfois rire à certains moments.

Le 11 septembre 2001, à Laval, Pierre (Sylvain Marcel), qui est accusé de pédophilie meurtrière, est mis dehors par sa femme même s’il clame son innocence. Chaque jour, il affronte le jugement sévère de ses voisins. De plus, ceux-ci le craignent encore plus, puisqu’une liste de délinquants sexuels est collée illégalement sur les lampadaires du quartier. Par contre, les choses tournent au vinaigre quand trois des cinq délinquants sont sauvagement tués et mutilés…

Êtes-vous intéressés à voir ce film après avoir lu le résumé? Baissez vos attentes! Avec une prémisse intéressante et un peu tabou, Que Dieu bénisse l’Amérique avait la chance d’être un digne précurseur de l’excellente et sombre télésérie canadienne Durham County. Or, du début jusqu’au trois quarts de l’histoire, ce film déçoit, car Morin n’exploite pas assez la thématique du film, c’est-à-dire la criminalité en banlieue.

Donc, au fur et à mesure que le film progresse, on sent que Morin perd de vue la raison d’être du film: traiter d’une manière équilibrée de 1) la justice faite par de simples individus contre les délinquants sexuels et 2) la réaction d’un voisinage face à la présence d’un criminel. Autant dire que Morin n’arrive aucunement à exploiter, comme ont su le faire les scénaristes de Durham County, l’ironie derrière l’idée reçue que la banlieue est un lieu sûr (si tel était son intention).

Comme si ce n’était pas assez, si le film veut avoir l’air d’un thriller, il est dépourvu d’intérêt. En effet, au lieu de plonger dans les coins sombres de la nature humaine, Morin se concentre inutilement sur les aspects les plus banaux de la vie des personnages (ex : magasinage, dîner dans un restaurant, etc.), ce qui nous donne un peu l’impression qu’aucune enquête policière (pour trouver le tueur/justicier mystérieux ainsi que le vrai pédophile) se déroule. Ajoutez aussi à cela les longueurs énervantes. Wow, quelle manière de développer les craintes des personnages qui croient vivre avec un pédophile dans leur quartier!

Malgré ces défauts, le seul moment où Que Dieu bénisse l’Amérique est intéressant, c’est à la fin. Cependant, l’identité du tueur/justicier semble nous avoir été balancée seulement dans le but de finir une fois pour tout ce film ennuyant et prétentieux. De plus, même si les personnages sont des caricatures des banlieusards, leurs interprètes semblent très bien se débrouiller. Par contre, si vous êtes un enthousiaste de vrais thrillers, regardez plutôt Durham County, dont la première saison est disponible en DVD.

Note: 2.5/5

Que Dieu bénisse l’Amérique
Canada (2006), 105 minutes.
Drame policier scénarisé et réalisé par Robert Morin.

Par Simon Vézina

Qu’auriez-vous proposé de faire si vous aviez été en mesure d’agir suite au désastre de l’ouragan Katrina en Nouvelle-Orléans? Si vous vous appeliez Milton Friedman, gourou de la pensée économique néolibérale dite de l’école de «Chicago», vous auriez réussi à profiter de la crise et du désarroi de la population pour privatiser les écoles!! Réduire le nombre d’écoles publiques de 123 à 4 et ouvrir une trentaine d’écoles privées, syndicat en moins… Quoi de mieux qu’une situation de crise, de choc quand un patient est désorienté, en incapacité de penser pour introduire des soi-disant «Réformes»?

Le livre fascinant La stratégie du Choc (The shock Doctrine) de la Canadienne Naomi Klein, nous mène derrière les rideaux de l’histoire officielle de l’implantation du néolibéralisme. Cette doctrine pour qui l’État est le mal absolu, surtout s’il défend l’intérêt général au détriment de quelques corporations, qui promeuvent les désastreuses «réformes» de privatisation à tout cran, de destruction des programmes sociaux et d’ouverture des marchés, loin de s’être implanté dans «la liberté et la démocratie» comme le répète ad nauseam ses adeptes, fut systématiquement implanté dans les pires formes de coercitions.

A-t-on oublié que la première expérience de ce qui allait devenir les «thérapies de choc» fut implémentée par la dictature fasciste d’Augusto Pinochet le 11 septembre 1973? Et contrairement à l’histoire officielle qui veut nous faire croire que si bien sûr Pinochet fut un dictateur, ne fallait-il pas vaincre le communisme?, ses «réformes» (sic) économiques, elles, furent bonne pour le pays… L’erreur ici, c’est de dissocier les deux : pour implémenter des mesures aussi impopulaires, la dictature fut nécessaire. Dès le jour 1 de l’arriver de Pinochet, les «Chicago boys» chiliens précédemment lavés de cerveau à l’université de Chicago mettaient les pieds dans le gouvernement pour passer à l’ouvrage. Et contrairement aux légendes urbaines véhiculées jusqu’ici dans une revue comme l’Actualité, en aucun cas ses réformes n’ont aidé à développer le Chili, bien au contraire. De même, la dictature argentine en 1976 avec son ministre de l’économie José Martine de Hoz put implanter les politiques de George Shultz (acolyte de Friedman à l’Université de Chicago et toujours actif, grand manitou derrière Bush fils) de démantèlement systématique de l’État et permettre le pillage du pays par les intérêts financiers internationaux, avec une modique somme de 30 000 morts et disparus, tortures et terreur d’État inclus.

Il est vrai qu’il n’est pas toujours nécessaire d’une dictature pour ouvrir les marchés, il peut y avoir d’autres situations de crises utiles : crises de la dette (début des années 80), catastrophe naturelle (Nouvelle-Orléans, tsunami en 2004, qui permirent entre autres d’imposer la thérapie de choc au Sri Lanka qui était auparavant retissant d’implanter les mesures si ruineuses du Fonds Monétaire International), crise financière en Asie en 1998, ou encore, pourquoi pas, faire percevoir un faux sentiment de crise par une propagande intense dans les médias comme le «problème de la dette» au Canada en 1994 afin de pouvoir sabrer dans les programmes sociaux. À remarquer que les «thérapies de choc» dans les démocraties ne peuvent jamais être aussi radicale que sous une dictature qui peut faire tabula rasa de la société, écrire de jolis mots sur une page blanche comme dirait Mao, et éliminer la fâcheuse résistance de ceux qui ne comprennent pas que la main invisible du marché est la Voie vers le paradis terrestre…

Mais d’où vient donc cette idée de «thérapie de choc»? Pourquoi ce langage médical de la part des fondamentalistes du marché? C’est ici que Klein nous ramène dans notre ville, Montréal dans les années 50, à l’Allan Memorial Institute de l’université de McGill. Surpris? Après guerre, la CIA finança en autre le projet MK ULTRA qui expérimenta l’effet du LSD sur la population, des possibilités de reprogrammation d’individu en rasant leur personnalité et repartir à zéro. Et pour ce faire, le Dr. Ewen Cameron mena des expériences cliniques (sans le consentement des patients…) d’isolation sensorielle, d’électrochoc et d’utilisation de drogue comme le LSD. Vous reconnaissez des méthodes d’Abu Ghraib? Ce n’est pas un hasard. En tous les cas, si ces expériences ne réussirent qu’à détruire les patients, on tirait l’observation «utile» que l’état de choc fût le moment idéal pour tirer de l’information ou faire avouer n’importe quoi au patient. Et Milton Friedman, l’auteur de la formulation «thérapie de choc», d’avoir la même idée, ce qu’on peut faire au niveau d’un individu, on peut le faire au niveau d’une nation. D’où l’introduction des «réformes» dans les moments de crise, au moment où le «patient» est dans un état très vulnérable.

Ne vous rappelez-vous pas des formulations militaires d’un Rumsfeld, parlant à propos de l’Irak de la stratégie du «chock and awe», du choc et de la terreur? Si, bien sûr, derrière la guerre d’Irak il y a plusieurs raisons, dont la raison officielle pour les naïfs de vouloir implémenter la démocratie, on ne mentionne que très rarement la politique de Paul Bremer de privatisation de masse, un libre-échange total avec droit de contrôle des entreprises nationales à 100% étrangère, un impôt unique de 15% pour tous et une réduction dramatique de l’État le tout s’accompagnant de la privatisation de l’armé américaine, ajoutant de juteux profit pour le privé, dans le plus pur style de l’Empire britannique; et si la démocratie locale s’organisant spontanément dans différentes villes d’Irak vient à s’opposer à ces mesures économiques, les électeurs ayant la fâcheuse manie de vouloir défendre leurs intérêts égoïstes au détriment du marché, au diable la démocratie et vivre la libre entreprise; ça vaut bien 600 000 morts, non?

Certains penseront peut-être que, certes les méthodes d’implantations sont douloureuses, mais c’est pour le bien du patient à long terme (ça vous sonne familier? Il faut se serrer la ceinture pour que demain aille mieux…). Je ne citerai que deux exemples dont nous parle Klein pour nous ouvrir les yeux. Suite à la victoire de Mandela en Afrique du Sud contre le régime oppresseur de l’Apartheid, les «experts» économiques de la Banque Mondiale, du FMI et de tout acabit le convainquirent d’abandonner toute idée d’intervention dans l’économie comme le financement d’infrastructure ou la construction de maisons et qu’il était temps de se mettre à l’heure de la modernité (sic), de la globalisation. Résultat, il adopta les mesures du libre marché, d’une banque centrale privée indépendante du politique, mais très dépendante d’intérêts privés. Résultat : les noirs d’Afrique du Sud vivent dans de moins bonnes conditions de vie que sous le régime ségrégationniste de l’Apartheid!! Le cas russe fut éloquent. Terrain facile où le communisme était complètement discrédité, on pouvait mettre toute la gomme pour implanter les réformes magiques du marché. Facile? Il aura quand même fallu que le «très grand» démocrate Eltsine envoie les tanks en 1993 contre le parlement récalcitrant à l’implémentation de telles mesures économiques; résultat, la Russie au tournant du siècle eu un niveau de vie inférieur qu’au pire moment du communisme! Bien sûr, dans la presse occidentale le vilain antidémocrate ce n’est pas Eltsine, ami de Thatcher et Bush, c’est Poutine, lequel osa entre autres renationaliser le pétrole, quel tyran…

Parlant de la Russie, on pourra mentionner deux faiblesses historiques du livre. D’abord, elle oublie le rôle britannique. Dans le cas russe, les oligarques et les «réformateurs» qui ruinèrent le pays ne furent pas entrainés à Chicago, mais à Londres, au Institute of Economic Affairs; ce n’est pas pour rien que tous les criminels russes, pardon, je veux dire les défenseurs de la liberté de la démocratie, comme Boris Berezovsky trouve refuge à Londres. Et puis, Bernard Landry, qui réussit à nous passer le sapin du libre-échange au Québec, n’a-t-il pas étudié au London School of Economics? Ce qui m’amène à la seconde critique importante dans la crise d’aujourd’hui, c’est que John Maynard Keynes ne fut aucunement le père du New Deal américain comme l’affirme Klein; FD Roosevelt reprenait la tradition du système américain (celle d’Alexander Hamilton, de Henry C.Carey, Lincoln) antibritannique, anti-laissez-faire. D’ailleurs Roosevelt lui-même d’affirmer qu’il ne comprenait rien à Keynes. Ce dernier était un monétarisme voulant sauver l’Empire britannique et il suffit d’indiquer ici que dans la version allemande de la Théorie générale d’emploi, il affirme que les mesures qu’il propose sont plus appropriées au type de régime qui sévissait dans l’Allemagne des années 30…

Finalement, il est très intéressant de noter que Naomi Klein a mis en ligne beaucoup des sources primaires qui supportent les thèses qu’elle avance (http://www.naomiklein.org/shock-doctrine/resources). Il semble bien que la route à servitude (titre du livre du maitre à penser de Friedman, l’Autrichien Von Hayek) est toute droite indiquée par les mesures de la globalisation : Klein de nommer le système en place, générateur d’inégalité toujours plus grande entre une infime minorité de riches et une grande majorité de pauvres, le corporatisme. Dans les années trente, on avait moins peur des mots et on appelait cela le fascisme. Milton Friedman est mort en 2006. En pleine crise économique où les docteurs qui par leur prescription l’on créée, au lieu de retourner à l’école (ou en prison pour conseils médicaux criminels), sont à recommander plus du même poison pour le traiter le patient, soit plus de libre-échange, plus de pouvoir au FMI… il ne reste qu’à souhaiter que les idées de Friedman le rejoignent le plus vite possible dans la tombe. Le livre de Noami Klein devrait y contribuer.

De maux… à mots

Par Jérémie Thériault-Langelier

Aimer inutilement
Ou trop prendre son temps

Prêcher dans le désert
Ou bien se taire

Partir en bateau
Ou écouter les oiseaux

Tout cela semble très trivial
Mais ce sont ces choix qui nous font mal

La vie nous réserve plein de maux
Mais le plus beau de ses cadeaux
C’est la multitude de ses mots

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