par Anh Khoi Do
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Le film Atonement (2007) exercera un magnétisme sur les amants de drames romantiques. Effectivement, il s’agit-là d’un joyau qui carbure aux émotions de ses personnages principaux. D’ailleurs, vous pouvez vous rassurer que les personnages ne sortent vraiment pas d’un moule! |
L’histoire débute au manoir de la famille Tallis cinq ans avant la Deuxième guerre mondiale. Tout bascule lorsque Briony, une fille de 13 ans, accuse le jardinier de la famille, Robbie, d’avoir violé Cecilia, sa sœur aînée. Or, sachant très bien que Robbie n’a jamais commis ce viol, Briony s’en voudra pour le reste de sa vie d’avoir brisé l’amour entre sa grande sœur et Robbie.
Tout d’abord, ce que nous pouvons reprocher à Atonement est sa lenteur lors du début. Le début du film manque tellement de concision pour présenter les personnages et les lieux qu’on a envie de peser sur le bouton d’avancée rapide de notre télécommande.
Cependant, quand l’action commence, la lenteur du rythme devient heureusement une valeur ajoutée grâce à la réalisation sobre et musclée de Joe Wright (Pride & Prejudice). D’ailleurs, l’approche utilisée pour développer les personnages consiste à montrer une scène alternativement du point de vue des trois personnages principaux, c’est-à-dire Robbie, Cecilia et Briony. Quoique lente comme méthode, elle comporte un avantage évident : elle nous permet d’analyser de plus près le comportement et même les pensées intérieures des personnages qui les rendent si intéressants.
Cela dit, bien qu’étant un film britannique, Atonement utilise le pouvoir de la suggestion implicite par l’entremise des moments de silence ou du regard des protagonistes. Évidemment, une telle approche nous rappelle l’expressionnisme asiatique tel que vu dans un film comme Tigre et Dragon. De plus, de telles suggestions donnent une ambiguïté et un caractère imprévisible aux personnages.
Néanmoins, à trop vouloir laisser de l’ambiguïté, le film se tire un peu dans le pied. Conséquemment, si l’histoire est relativement facile à comprendre, Atonement nous laisse devant des questions qui n’offrent pas une réponse satisfaisante sur l’évolution propre à chaque personnage. Par exemple, qu’est-ce qui motive vraiment Briony à accuser Robbie d’un crime qu’il n’a aucunement commis? Deuxièmement, comment sommes-nous sensés comprendre la relation entre Paul et Lola?
Malgré des zones d’ombres dans le développement des personnages pouvant s’avérer énervantes, on n’oubliera jamais ce film grâce à ses personnages plus grands que nature. Bien sûr, Atonement doit sa grandeur à la brillante performance de Keira Knightley (Pride & Prejudice), dans le rôle de Cecilia, et James MacAvoy (The Last King of Scotland), dans le rôle de Robbie. La chimie entre ces deux acteurs les place parmi les meilleurs tandems romantiques du cinéma de la trempe des tandems Jude Law/Nicole Kidman (Cold Mountain) ou Tony Leung/Maggie Cheung (In the Mood for Love).
Note: 4.5/5


