Réponse unilatérale aux propos nostalgiques de mon collègue Kevin Audet-Vallée, dans le contexte des années 2000, par Félix B-LaFlamme.

Que cela vous plaise ou non, le Parti communiste n’est pas mort. Il en existe encore des branches bien vivantes dans le monde d’aujourd’hui. Tout comme bon nombre de choses qui étaient déjà présentes dans les années 1990, à commencer par les lunettes géantes (mouche). La mode est de retour, sauf qu’aujourd’hui, leurs verres sont fumés. Même la nuit. Allez savoir!
Et qui voudrait de cinq Power Rangers américains alors qu’on peut avoir des CENTAINES de Pokémon, directement importés du Japon! (J’ai arrêté de compté après dix-huit, risquant de faire une crise d’épilepsie, mais mes informateurs d’onze ans et moins m’ont juré qu’il y en aurait pas moins de trois-cent-cinquante-quatre…) Et si vous voulez des ninjas, encore une fois, vous êtes servis. La culture nipponne nous inonde de mangas tous plus violents les uns que les autres, sur des ninja-samourai-dresseur-de-monstres-étudiantes-de-lycée-en-mini-jupe. Il leur manque la pizza, et un certain je ne sais quoi qui rendait les Tortues Ninja si charmantes. C’était probablement en lien avec Godzilla.
Si Kim Campbell vous manque, regardez la photo de Stephen Harper vu de proche. Sans les rides, on dirait des jumeaux. Et je ne parle pas que des positions politiques. Quant à Daniel Johnson Jr, Jean Charest a ironiquement réussi là où Johnson a échoué. Même parti politique. Sans tout ces nœuds et ces touffes. Et je ne parle pas des cheveux.
Red Lobster… Je serai toujours triste d’avoir commencé à apprécier le gout délicat du homard après la disparition de cette légendaire, voire mythique, chaîne de restauration de la carte du Québec. J’ai peine à croire qu’une paire de homard ait déjà coûté 14,99$ plus taxes plus pourboire. Mais vous êtes aveugles si vous n’avez pas remarqué la contre-attaque des fruits de mer, avec une nouvelle arme de délice massif, encore une fois en provenance du pays du Soleil Levant. Les sushis sont le nouveau « McDo ». Dans les années 1990, je rentrais de l’école, prenais mes yeux de Bambi et allais demander à papa s’il pouvait m’emmener manger au McDonald’s. Encore plus s’il y avait des jouets ou des cartes de Hockey avec mon joyeux festin. Aujourd’hui, je rentre de l’école, mais je ne prends plus mes yeux de Bambi (Je ne suis plus aussi cute qu’avant. « Que voulez-vous? », comme dirait un de mes politiciens préférés). Je demande plutôt à mon père de m’emmener dans un restaurant de sushis. Il n’y a plus de jouets avec le joyeux festin, mais je crois que les oméga-3 pèsent plus lourd dans la balance pour mon père que les jouets du McDo, made in China.
J’ai encore de vagues souvenirs des publicités télévisées d’Aventure Électronique, mais elles sont en train d’être effacées par une autre annonce où deux mecs jouent du Air-guitar en se prenant pour Angus Young. Ou celle d’un mec insérant d’étranges sons dans les portes coulissantes du Future Shop, pour aller avec le thème du solde du jour. Ce qui est une aventure, c’est magasiner dans ce fameux Future Shop, ou Best Buy, pour ceux qui se soucient de l’équité, au Boxing Day. Ou essayer de faire la différence entre une gomme Dentyne Ice et le nouveau IPod, encore plus mini, encore plus lisse et encore plus blanc! C’est ça, la VRAIE aventure électronique!
Walt Disney est encore plus qu’omniprésent dans le monde d’aujourd’hui. Que ce soit Jack Skellington sur le coton-ouaté d’un élève de votre classe, en passant par Pirate des Caraïbes aux Oscars, les Ducks d’Anaheim dans la LNH, ou même le dernier film d’animation de Pixar, Disney’s est propriétaire d’à peu près tout. Ils font même des jeux vidéos en collaboration avec des compagnies japonaises (mais ils sont partout, ces Japonais!). Et les rumeurs selon lesquelles il aurait été congelé pour être ressusciter vont encore bon train dans les cours d’école. La prochaine étape? Je crois qu’il a toujours rêvé de mettre le pied sur la lune. Mais c’est peut-être juste mon imagination.
Carmen Sandiego? Elle est très forte! Moi non plus je ne l’ai jamais revue, et encore moins entendu parler. À part dans ce journal à potin, où on disait qu’elle aurait couché avec Walt Disney pour faire une (subtile) apparition dans son prochain film. Mais que voulez-vous, Le Banquier, c’est tellement intéressant, car j’aime tellement Julie Snyder que j’ai pas le goût que « Mais où se cache-euh! Carmen Sandiego » revienne en onde.
Et si on nous a enlevé la Molson Grand Nord, c’est pour la remplacer par la Molson Canadian, pour aider le nationalisme Canadien déjà chancelant. Si ma bière me dit que je suis un fier Canadien, elle doit avoir raison. Après la quatrième bière, je suis tellement rendu lucide que je réalise que peu importe leur marque ou leur prix, toutes les bières goûtent la même affaire. Sauf la Laurentides. Morale de l’histoire : d’la Molson, c’est d’la Molson, peu importe ce que l’étiquette veut vous faire croire!
Ce qui m’amène à vous parler de baseball! J’étais peut-être pas né, mais je suis étonnement nostalgique de l’époque où un certain Babe Ruth buvait d’la bière et mangeait des hot-dogs sur le banc entre les manches (on appel pas ça des périodes, ou des demi, au baseball, c’est des manches… allez savoir !) pour frapper plus de circuits. Aujourd’hui, on a notre lot de drogués, avec les Bonds et Daisuke (encore un Japonais). Sauf qu’on n’a plus d’équipe à Montréal. Y’a toujours le même nombre de spectateurs au Stade Olympique.
Je n’ai jamais eu la (mal) chance de monter dans un avion de Canadian Airlines. Et si ça continue de même, je n’aurai jamais la chance de monter dans un avion d’Air Canada non plus. Et si le Achy Breaky Heart et la Macarenna ne sont plus de saison, y’a tout de même les « Mamassé Mamassa Mama Coussa » de Rihanna pour se trémousser de la même façon. C’est pas bon mais ça reste dans tête!
Maintenant vous allez me demander en quoi la coupe Longueuil, le rasage lisse et les cheveux-pleins-de-gels-dans-les-aires-comme-un-bonhomme-de-bande-dessinée-japonaise c’est semblable? C’est LAID, et c’est tout. Ce sont trois preuves que les gens, années 1990 ou 2000, ne savent pas se coiffer!
Heureusement, y’a bien une chose chez nous qui n’est pas encore japonaise, et qui restera canadienne à tout jamais (espérons-le) : le hockey! On a perdu les Roadrunners de Montréal, mais on a gagné le Junior de Montréal, équipe de la très colorée (et très violente) Ligue de Hockey Junior-Majeur du Québec. Hockey. Du hockey et du combat extrême pour un seul billet!
Et même si Patrick Roy, John LeClair, Éric Desjardins et Matthieu Schneider ont été échangés pour des peanuts et des bleuets, un certain Bob Gainey est récemment arrivé, a eu l’idée de semer ces peanuts et les a arrosé avec un peu de vodka russe. De la peanut Roy a poussé un grand bonhomme nommé Carey Price (certains l’appellent Jésus). Des autres peanuts sont apparus : les frères Kostitsyn et Andrei Markov. Même deux bleuets ont poussé : Maxime Lapierre et Guillaume Latendresse. Des gros bleuets transgéniques vous me direz, mais des bleuets pareil. Et nous voila de retour avec une vraie équipe de hockey, à la saveur de la saison 1992-1993. De là à savoir si ça va finir de la même façon… je ne suis pas voyant, mais je crois qu’on a le droit de rêver, non?
Vous n’êtes pas d’accord avec mon propos? Vous avez sûrement voté pour la grève! Allez savoir…
P.S. Aucun Japonais n’est intervenu dans l’écriture de ce texte. Sérieusement.


courril