Par Philippe Gendron
« Moé, le monde, j’veux pas savoir d’où ils viennent, j’veux savoir où ils vont. Le monde, ils peuvent être blancs, jaunes, noirs, mauves, bleus avec des pitons jaune-orange : j’m’en câlice. S’ils veulent se battre avec moé, c’est (sic) mes frères ! » Pierre Falardeau
Vous pensez que le débat sur l’indépendance du Québec n’est plus d’actualité? Lisez ceci! Il y a un mois, je suis allé faire mon devoir de citoyen. Avant d’arriver à la table des scrutateurs, l’hésitation quant au parti qui aurait mon soutien était encore palpable. Cependant une fois arrivé à la table, on ne me dit pas bonjour, ni même comment je vais ou autre formule de politesse du genre, mais bien « Hi ». Je peux même vous assurer, ma mémoire d’électeur n’étant pas celle d’un poisson rouge malgré ma mémoire normale, qu’aux dernières élections provinciales la même chose s’était produite. C’est drôle, il me semble que pas plus tard qu’au début de l’été (que nous n’avons pas réellement eu), un tenancier de pub irlandais venait dire que nous n’avions plus besoins de la loi 101, qu’elle était obsolète. On en avait même fait un site Internet! Si les anglophones ne sont pas effrayés de voir l’anglais gagner du terrain, moi je le suis! Ce n’est pas normal que le premier réflexe de certains commerces ou scrutateurs sans scrupules soit de s’adresser en premier lieu aux gens en anglais.
Je pense que tout le monde devrait parler anglais. On en a besoin, ne serait-ce que pour voyager, avoir des informations qui ne sont pas disponibles en français ou encore parce que parler plusieurs langues est une richesse. Donc, pourquoi ne pas parler la langue la plus internationale? Cependant, je considère que dans la vie quotidienne, j’ai le droit d’être répondu en français au Québec, que ce soit par les services gouvernementaux ou les entreprises privées. Vous allez me dire : « Regarde l’autre là, tout le monde sait que les services gouvernementaux, même au fédéral sont bilingues ». Eh bien! Voici l’histoire de quelqu’un qui croyant réellement à ceci, s’est placé dans la ligne francophone aux douanes à l’aéroport de Vancouver. On lui apprend que le seul employé francophone ne travaillait pas cette pas cette journée-là, mais qu’heureusement un employé bilingue pourra le servir… après sa pause et qu’il vient juste de partir. La personne en question décide donc d’attendre… attendre… attendre … et se fait servir en anglais. Eh oui comme je le sais très bien moi-même, des pauses de fonctionnaires, c’est long! Ensuite, vous allez me dire : « Voyons les commerçants devraient avoir le droit de choisir leur langue de travail et puis juste un petit « Hi » ne fait mal a personne ». Non! C’est faux! J’ignore si vous avez déjà entendu cet adage un peu exagéré selon moi, mais qui a toutefois une part de vérité : le client est roi. Personnellement pour avoir travaillé dans le public pendant plus de 7 ans je peux vous dire que quand un client me parle en anglais je lui réponds en anglais. C’est pourquoi j’ai toujours beaucoup de difficulté à comprendre pourquoi lorsque je vais à Montréal ou même dans ma petite banlieue de Laval, un commis me répond en anglais même si je lui adresse la parole en français. Si moi, habitant du Québec, encore majoritairement francophone heureusement, je fais un effort pour répondre aux anglophones qui le souhaitent en anglais, pourquoi le contraire n’est-il pas vrai? Pourquoi dois-je toujours insister? Est-ce toujours aux francophones à faire les compromis? Je pense que le réflexe anormal de répondre d’abord en anglais aux gens au Québec témoigne du virage que prend la métropole vers l’anglais. C’est sans parler des endroits où on ne peut même pas vous servir en français. Il est vrai que les endroits où l’on ne peut pas vous servir en français sont rares. Cependant tant que des endroits de la sorte existeront, ceci signifiera qu’il est possible de vivre au Québec en ignorant totalement le français. Tant que cette situation subsistera, le français au Québec sera en danger.
Logiquement, apprendre le français devrait être un devoir pour les nouveaux arrivants au Québec. Personnellement, je ne connais pas de meilleure manière de se faire comprendre que de parler avec les gens de qui l’on veut se faire comprendre. L’apprentissage du français au Québec devrait être vu comme un plus et non comme une corvée. Ceci permettrait aux gens d’Hérouxville de mieux comprendre les immigrants et d’en avoir moins peur. Ceci permettrait un mieux vivre ensemble de tous les Québécois et Québécoises (par ceci j’entends habitant du Québec). Pour ce faire, il appartient à nous, francophones, de promouvoir cette vision. Nous avons le droit de refuser d’acheter dans des endroits où l’on ne peut nous servir en français. Nous pouvons également converser avec des anglophones ou allophones ignorant le français pour tenter de leur expliquer notre point de vue au lieu de les marginaliser et de s’en éloigner. Souvent, un simple geste d’ouverture fait une grande différence. Cependant, il ne faut pas oublier les combats des générations précédentes et un renforcement de la protection de notre langue semble nécessaire, au minimum un plus grand budget alloué à l’Office québécois de la langue française. Toutefois, toutes ces mesures sont caduques si nous-mêmes cessons d’utiliser le français pour paraître à la mode lors de conversations mondaines. Il faut être fier de notre langue, de ses particularismes québécois et montrer les avantages qu’elle apporte à ceux qui la parlent ici. Ainsi, les gens voudront l’apprendre. Il faut également surtout la protéger et ceci semble impossible au sein du Canada.
Je me souviens de 1979 et des premières coupures dans la loi 101. De l’histoire ancienne vous direz? Pas pour les commissions scolaires anglophones qui ont relancé le débat en mars 2008.
Vive l’utilisation du Français au Québec, vive le Québec libre.


Si vous avez à coeur la langue de Molière, pouvez-vous faire circuler dans votre milieu!
Merci à l’avance!
CENTRE-VILLE DE MONTREAL
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Une anglicisation fulgurante en photos et vidéos
Déjà un millier d’infractions possibles à la loi 101!
http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articles/2008/montreal-anglais.html
Malgré l’introduction falardiste, je considère que cet appel à la langue française, comme vecteur culturel de la nation québécoise, est d’une légitimité frappante.
Merci Philippe de m’avoir démontré qu’il était possible d’être souverainiste et intelligent; d’être nationaliste sans tomber dans le fascisme. Si seulement davantage de québécois et de québécoises avaient une telle nuance de propos… je pourrais être convaincu par l’idée.
Oui en fait la citation de Falardeau était un peu présente pour susciter des réactions. C’est un peu contradictoire de citer un homme qui parle si mal alors qu’on parle de la situation de la langue française. Cependant ce bout de citation (puisque je ne suis pas d’accord avec ce qui vient généralement à la suite dans son discours à savoir :”les autres je les hais” )
Par contre le début bien que mal dit, montre très bien ce que je ressent à qui veut parler français et se sentir Québécois, peut importe son origine, est québécois.