Par Anh Khoi Do
Avec un budget de vingt millions de dollars, ce film est somme toute bien équilibré : ni un chef-d’œuvre, mais heureusement ni un navet. Si Passchendaele ne gagnera pas le Prix Génie pour le meilleur film, il peut néanmoins rivaliser avec Saving Private Ryan et Taegukgi : The Brotherhood of War, malgré quelques défauts dans le scénario signé par Paul Gross, qui joue le rôle principal.
À la suite d’une mission à Vimy, le sergent Michael Dunne (Paul Gross), un membre du 10e bataillon canadien, est renvoyé à Calgary après avoir été diagnostiqué de la neurasthénie pour travailler comme un recruteur. De retour au pays, il rencontre Sarah Mann (Caroline Dhavernas), une infirmière dont il devient amoureux. Cependant, quand Michael apprend que David (Joe Dinicol), le frère cadet de Sarah, s’est enrôlé par patriotisme, il retourne au front en Europe pour le protéger.
En faisant abstraction de la forme du scénario, Passchendaele est un film original et aurait pu être un chef-d’œuvre. Après tout, combien de films traitent de la Première Guerre mondiale ou plutôt la bataille la plus sanglante de cette guerre-là, qui plus est? Néanmoins, si le scénario s’avère correct – bien que prévisible à certains moments – grâce à la manière comment le film se récupère à la fin, la partie du milieu, elle, laisse momentanément un goût amer.
D’ailleurs, Gross n’a pas le sens des priorités quand il traite les deux pôles du scénario : 1) L’histoire d’amour entre Sarah et Michael; 2) le brûlant désir de David de s’enrôler. En effet, trop d’attention fut inutilement accordée au premier pôle, ce qui rend parfois l’histoire d’amour – qui est maladroitement introduite – un peu quétaine sur les bords… et je ne parle pas des quelques longueurs! Considérant tout de même que cette histoire d’amour est le cœur de Passchendaele, elle n’est heureusement pas aussi insipide que celle de Pearl Harbor. Bref, un rééquilibrage de scénario aurait pu nous faire voir davantage la pression sociale pour s’enrôler pesant sur les épaules de jeunes hommes comme David ainsi que sa réaction par rapport à ça.
Évidemment, si la distribution s’avère solide, les performances sont visiblement inégales. Paul Gross (The Trojan Horse) et Caroline Dhavernas (Hollywoodland) brillent par leur sobriété et leur magnifique chimie à l’écran. À noter que Dhavernas joue avec talent un personnage refoulant un secret qui explique en partie le désir de David de s’enrôler dans l’armée canadienne… Cependant, malgré son enthousiasme, Joe Dinicol (The Virgin Suicides) est pris avec un personnage traité d’une manière unidimensionnelle et légèrement caricaturale pendant presque tout le film. Bref, le manque de nuances dans le développement dans le personnage de David est le défaut dans l’interprétation.
Finalement, Passchendaele demeure un bon et divertissant film tourné dans la pure tradition hollywoodienne (au bon sens du terme). Pour les amateurs d’action, vous serez ravis par la reconstitution réaliste de la bataille de Passchendaele se trouvant à la fin du film. De plus, elle rivalise avec la scène du débarquement de Normandie reconstituée dans Saving Private Ryan! Vous êtes un mordu d’Histoire? N’attendez pas et allez voir ce film. Vous aimez la romance? Attendez-vous à quelques petits défauts. Par-dessus tout, si vous êtes un fier Canadien, allez voir ce film qui n’a rien à envier aux productions américaines!
Note: 3.5/5
Passchendaele
Canada (2008), 114 minutes
Drame de guerre réalisé et scénarisé par Paul Gross
Présentement à l’affiche


[...] chroniqueur apolitique cinéphile préféré. Bon j’pense que c’est pas en disant aux gens que « si vous êtes un fier Canadien, allez voir ce film » que tu vas convaincre la bande de sécessionnistes qui sème la terreur au département. Pis dans [...]