Par Steve Lamarche
Là où l’herbe s’écoule aux flots du vent
Là où réside cet éternel printemps
Un espoir plus vert que son arbre songe
Coulant des vignes mûres jusque dans l’auge
Une certaine ivresse, totale adresse
Rien n’est plus vrai que la fausseté refusée
Rien n’est plus vivant que la sublime caresse
De l’herbe de ces plaines, lointain été
Paradis perdu éperdu de beauté
Tout n’est qu’ultime permission de bonté
Humaines consciences en leur légèreté
Vont et viennent sans pudeur de liberté
Y grandit un chant d’une sublime intonation
Où rayons de lumière s’emmêlent en émotions
Puis viennent les envies d’une vie charnelle
Puissante impression d’être près d’elle
Ses lèvres rendent déserts les oasis
Ses yeux reflètent plus de chaleur que la mer
Son jus d’une agréable douceur pastis
Justifie tout sacrifice, la raison aux fers
Rêver d’une méditerranéenne baie, sublime
C’est s’aventurer au bas du midi des terres
Accepter l’unique aventure de sa chair, l’hymne
La voir chanter cette ode à la vie, à la mer
Du pourtour au centre de mon être
Le rêve de me baigner en ses eaux
Y trouver l’unique humaine vérité : être
Pour savourer ce fruit, s’écoulant les flots
Cette fleur de lotus est un opium en soi
Mais toute dépendance même totale
Possède des vertus à causer l’émoi
D’en arriver à comprendre le banal
Et le rejeter
Cette âme de la mer, baignée par les plages
Se déguste comme le plus délicieux cépage
Comment donc éviter tout ce tournis?
Causé par telle beauté qui fait voir la vie
Humaine comme elle est
M’être libéré, me jetant vers l’humanisme
Je me rapproche de plein gré de son isthme
Parcourir de mes sens ses effluves de rhum
Et à deux faire l’addiction de toutes les saveurs
Suivre mon seul gré pour parcourir les mers
M’arrêter sur le sable chaud de son corps
Mettre de volonté propre mes mains aux fers
Et veiller nonchalamment à la construction du port
Vouloir avoir tout perdu et y avoir trouvé
Par ironie, envie et liberté, un ancrage
Par sottise abuser des côtes, un naufrage
Faire faner la fleur de lotus, désabusée
Alors cette héraldique missive énonce
Les dangers de perdre tout sens de l’amour
En aimant sans se laisser la liberté, sans ronces
D’aller et venir, suivant la mer, et son tambour

