[Note à l'auteur de l'article: Le Sablier tient à s'excuser de toute erreur de retranscription de ce texte dans la version Internet de l'article. En aucun cas nous n'avons voulu censurer ce texte-ci. Merci.]
Par Steve Lamarche
Ça y est, c’est écrit, au vu et au su de tous et toutes, le gouvernement s’empresse d’en découdre de ses ressources, pour la postérité individuelle. Nos élu-e-s, nos chers et chères compatriotes, ont usé d’un vent de nonchalance, d’une inébranlable quête de reconnaissance, puisant dans les eaux les plus tourmentées malgré tout, un brin de contentement. Enfin dirons-nous, il nous est possible de jouir davantage du fruit laborieux de notre intellect. Car de nos mains, nous n’en obtiendrions que si peu. Ce qu’il faut, c’est la reconnaissance du cerveau, de l’idée, de la spécialité. Nous sommes uniques, et notre gouvernement nous en est reconnaissant. Nous sommes seul-e-s et uniques, en fait. Même l’infime brin communautaire se meurt dans son propre paradoxe d’être le fruit d’individuel-le-s.
Où alors aller chercher les certitudes, celles qui transforment en actions et en états, nos idéologies profondes? L’ouest s’avère perdu d’avance : occident de tous les maux, prévôt du satanisme oublié. L’Orient s’élève. Celui-là apporte un vent de nouveauté, par la récupération des vieux systèmes. Le précédent, quant à lui, s’est effondré, et la barrière de nos cœurs nous en éloigne, nous le fait craindre.
Il faut chercher outre cette dichotomisation diront certains et certaines, trouver une nouvelle tangente. Que faire d’une nouvelle tangente, dès lors que nos sens nous dictent l’inaction, produisant une pléthore de réactions pécuniaires? Pourquoi nous lever, quand rester assis procure, en plus du loisir de la nonchalance, ce qu’il faut pour ne pas avoir à se lever?
Où en étions-nous donc? Oui, à ces transferts monétaires, du centre au particulier, du chef au discipliné. La discipline, celle en effet que nous inculquons à nos jeunesses. Qui veut d’un système d’éducation gratuit, lorsqu’il est justement bâti sur le principe que rien ne coûte rien? Qui veut d’un système d’éducation de qualité, quand tout ce qui compte, c’est de trouver l’emploi, la voie, la vie? Qui voudrait, encore là, d’un système d’éducation accessible à tous, quand les jeunes honnissent par-dessus tout les bancs d’école? Rendons-les heureux et heureuses. Ils et elles veulent travailler : faisons-les travailler. L’éducation est la porte d’entrée vers la société, et là-dessus, même les plus bougons s’en voient en nécessité d’acquiescer. Elle est nécessaire pour comprendre une société, de l’intérieur. Pourquoi donc réformer ce pan d’insertion, lorsqu’il convient déjà au modèle social en vigueur?
Notre politique nationale est défaillante. Les gens ne laissent pas suffisamment la chance au coureur, qui par stress et pression, échoue souvent à parfaire son parcours. Car il s’agit en effet d’un parcours bien à lui, d’idées toutes personnelles, mais qui élevées au rang de chef, dirigent telle une étoffe gantelée de fer, l’essentiel du troupeau. Depuis l’Ancien Testament les preuves culminent pour démontrer cette nécessité d’être dirigé-e-s. Dieu l’a prouvé; le marché l’exerce, ses tenants aussi. Dieu aurait-il tort? S’il existe, il est infaillible, s’il n’existe pas, sa non-existence n’admet pas qu’il puisse ne pas avoir raison. D’une logique socratique nous écartons de visée les intentions d’admettre qu’il y a d’autres modèles. Nous tenons au marché, nous y louons jusqu’à nos moindres sous. C’est d’un état religieux – spirituel – dont il est question, et non d’une simple question matérielle. Aucune raison ne chapeaute cet état ataraxique connu lors d’un achat. C’est le besoin, ou l’illusion d’un besoin. Désormais, ces échanges sont mondiaux, pourvus d’une volonté d’unification. Qu’y a-t-il de mieux que l’union, le consensus? C’est l’harmonie à son paroxysme.
Ceci amène à mentionner la question internationale, plutôt de la communication internationale. Certains originaux (tous des hommes en effet) ont, il y a longtemps, élaboré une langue internationale, dépourvue des préjugés et classifications qui font d’une langue ce qu’elle est : un véhicule culturel. Eh bien camarades, ce langage, existe depuis fort longtemps. Les grands et les grandes de ce monde l’ont louangé, l’ont développé, affiné, aux besoins du temps. Je parle ici de l’argent, du marché. Seul véritable moteur d’unification et de relations internationales. Qu’en serait-il des échanges mondiaux et de la télécommunication, sans la nécessité du marché? D’autres originaux et marginales se positionnent sur l’immoralité du marché. Mais là, ils et elles semblent oublier qu’il n’y a pas de morale à telle entité. Dieu a-t-il une morale? Si oui, pourquoi permet-il les génocides, pour ne mentionner que ceux-ci?
Mais nous divaguons. L’exposé présent s’avère pourvu d’une volonté multiple, et d’un enthousiasme à tout rompre. L’évolution est, au mieux, un mal nécessaire, et toute révolution, un mal absolu. Du moins, c’est ce qu’en pensent nos dirigeants et nos dirigeantes, élu-e-s par nous, pour leurs idées. Simple effet corollaire : nous pensons comme eux sur la majorité des points. Les élu-e-s sont une prolongation de nos êtres, une fusion des volontés communes en un point. Ces individus ne représentent-ils pas l’ensemble de la société ? De ce simple fait, ils et elles en sont une somme, un produit, l’effet d’une équation. Plus qu’un simple pourcentage, ce sont d’idées qu’il s’agit. Si le chef le veut, c’est donc parce que nous le voulons. N’est-ce pas?
Le monde approche l’état de plénitude à grands pas. Mais c’est d’un incendie qu’il s’agit, d’une destruction. Complète dans son essence, à coûts élevés. L’apex climatique est proche, et celui de l’espèce également. Le feu est. Mais tout bon incendiaire sait qu’il est maniable. La question est donc la suivante : où dirigerons-nous l’incendie? Frapperons-nous les grands de ce monde, en plein coït monétaire, ou la planète elle-même? C’est un appel clair à l’anarchie, au chaos et la désolation. Pris seul, un individuel (qu’il soit homme ou femme) peine à se départir de son confort, de sa nonchalance. Regroupé, le même individu parvient à beaucoup pour le simple fait qu’il n’est plus isolé. Le matériel offre une protection, un confort que seules les relations sociales peuvent égaler, voire dépasser.
Le feu est. C’est à nous de décider de quoi il brûlera. Il est interdit de ne pas se salir les mains. Même l’inaction apporte son lot de taches. Depuis quand acceptons-nous d’être dirigé-e-s ? Depuis quand ose-t-on clamer «liberté!», alors que nous acceptons de nous soumettre? Pourquoi acceptons-nous cet état d’inféodation fécale? Pour le bien commun? Soyez moins hypocrites, je vous en prie. Depuis quand le bien commun nécessite-t-il de privilégier certains et certaines plutôt que tous et toutes? Si pour vous le bien commun nécessite ces structures, c’est qu’il rime avec inégalité, et c’est là le cœur de l’illogisme. L’humain est-il naturellement porté à autant vouloir détruire son prochain? Au point où il faille donner à des gens un pouvoir permanent, absolu?
Toutes ces questions vous donnent mal à la tête ? Tant mieux. C’est que vous vous posez des questions. À qui désire une existence éclairée se doit d’accepter de souffrir un peu dans le meilleur des mondes. Mais celui que nous foulons est vil et servile… Se contraindre, ne pas questionner, et accepter. Obéir. Ce sont là les principaux éléments qui détruisent la volonté humaine, l’amène à l’état d’âme errante d’un sofa au téléviseur.


J’apprécie beaucoup la censure dont ce texte a fait l’objet. Je tiens à souligner que les deux derniers paragraphes ont été supprimés sans mon consentement. Les voici, pour les lecteurs et lectrices en désir de complétion. Je n’aurai aucune pitié pour les usuriers de la censure. Ils seront brûlés dans leur propre intention !
Fin de l’article :
Le monde approche l’état de plénitude à grands pas. Mais c’est d’un incendie qu’il s’agit, d’une destruction. Complète dans son essence, à coûts élevés. L’apex climatique est proche, et celui de l’espèce également. Le feu est. Mais tout bon incendiaire sait qu’il est maniable. La question est donc la suivante : où dirigerons-nous l’incendie ? Frapperons-nous les grands de ce monde, en plein coït monétaire, ou la planète elle-même ? C’est un appel clair à l’anarchie, au chaos et la désolation. Pris seul, un individuel (qu’il soit homme ou femme) peine à se départir de son confort, de sa nonchalance. Regroupé, le même individu parvient à beaucoup pour le simple fait qu’il n’est plus isolé. Le matériel offre une protection, un confort que seules les relations sociales peuvent égaler, voire dépasser.
Le feu est. C’est à nous de décider de quoi il brûlera. Il est interdit de ne pas se salir les mains. Même l’inaction apporte son lot de taches. Depuis quand acceptons-nous d’être dirigé-e-s ? Depuis quand ose-t-on clamer «liberté !», alors que nous acceptons de nous soumettre ? Pourquoi acceptons-nous cet état d’inféodation fécale ? Pour le bien commun ? Soyez moins hypocrites, je vous en prie. Depuis quand le bien commun nécessite-t-il de privilégier certains et certaines plutôt que tous et toutes ? Si pour vous le bien commun nécessite ces structures, c’est qu’il rime avec inégalité, et c’est là le cœur de l’illogisme. L’humain est-il naturellement porté à autant vouloir détruire son prochain ? Au point où il faille donner à des gens un pouvoir permanent, absolu ?
Toutes ces questions vous donnent mal à la tête ? Tant mieux. C’est que vous vous posez des questions. À qui désire une existence éclairée se doit d’accepter de souffrir un peu dans le meilleur des mondes. Mais celui que nous foulons est vil et servile… Se contraindre, ne pas questionner, et accepter. Obéir. Ce sont là les principaux éléments qui détruisent la volonté humaine, l’amène à l’état d’âme errante d’un sofa au téléviseur.
Désolé, il y a eu une erreur technique.
Je vous remercie. Pardon si le ton a pu sembler violent. Il m’arrive de m’emporter. Ceci dit, félicitations pour votre rapidité à corriger les erreurs techniques (il n’y a pas de sarcasme dans cette phrase).
inquiète-toi pas Steve, les erreurs techniques, on devient rapidement familier avec ça dans notre journal… et puis, l’erreur est humaine, on dit…
… mais, l’obéissance! malade, insensé, saleté, c’est détraqué, vrai, ouais complètement vrai.