Après une année d’attente, force est de constater que Quantum of Solace est un des pires films de la franchise James Bond. Néanmoins, si des fusillades et des explosions suffisent pour vous, alors allez voir ce film.
En pourchassant le meurtrier de son amante Vesper Lynd morte à Venise, James Bond (Daniel Craig), un agent du MI-6, apprend l’existence de l’organisation Quantum. Conséquemment, cela mène Bond à Dominic Greene (Mathieu Almaric). Celui-ci, sous le couvert de philanthropie écologique, orchestre un coup d’État mettant au pouvoir le général Médrano (Joaquín Cosio) afin de pouvoir contrôler les réserves d’eau boliviennes. Dans sa lutte contre l’organisation Quantum, Bond s’allie à Camille (Olga Kurylenko), une femme voulant venger la mort de ses parents aux mains de Médrano.
Si Casino Royale, l’opus précédent, contenait des surprises, Quantum of Solace obéit trop aux vieilles formules de la série. Cela dit, nous avons plutôt droit à un scénario trop conventionnel et fade qui n’évolue que par paliers : Bond découvre quelque chose, donc il ne lâche pas le morceau et des cadavres gisent. Rien de plus, rien de moins. Cependant, à en voir le résultat final, on dirait que cette formule fut poussée dans une zone de laideur incroyable.
Donc, toute exploitation de prémisse semble carrément absente du film. Entre deux scènes d’action enlevante, le développement de Bond est malheureusement figé et unidimensionnel. On aura beau dire, l’approche minimaliste ne fonctionne pas, parce qu’on dirait que seules comptent les scènes d’action. Conséquemment, quoiqu’en dise le réalisateur Marc Forster (Monster’s Ball), ni les dialogues qui sont aussi émincés que de la viande de bœuf vietnamienne ni les scènes d’action n’arrivent à exprimer avec nuances les états d’âme de cette machine de guerre (non, je ne parle pas de la responsable des activités socioculturelles!) qu’est Bond.
Qui plus est, on pourrait même dire que James Bond est tellement en forme que Sir Roger Moore, un ancien interprète de James Bond, peut aller se rhabiller!
En ce qui concerne le jeu de la distribution, il ne s’avère aucunement intéressant, car bon nombre d’entre eux sont pris avec des dialogues qui ne permettent pas d’exprimer la profondeur réelle de leur personnage. Seule Judi Dench (Iris), dans le rôle de M, semble lever le ton avec son jeu. Olga Kurylenko (Paris, je t’aime), démontre un talent dramatique jusqu’alors inconnu vers la fin, mais l’histoire trop mince ne permet pas d’exploiter la personnalité ambigüe de Camille. Pour ce qui est de Mathieu Almaric (Munich), sa performance est trop terne pour pouvoir nous convaincre de sa méchanceté.
Finalement, Quantum of Solace surfe d’une manière honteuse sur le succès de Casino Royale. En gros, ce film affiche les symptômes d’une franchise qui revient aux mauvaises habitudes de l’ère Brosnan : scènes d’action en masse et évacuation de développement dramatique. Si Daniel Craig (Munich) ne bénéficie pas d’une marge de manœuvre pour bien exploiter James Bond comme ce fut le cas dans Casino Royale, on peut dire que ses performances dans les scènes d’action constituent une consolation. Puis dernièrement, depuis quand un film de James Bond ne comporte le passage « My name is Bond, James Bond »?!?! Heureusement que j’avais un laissez-passer pour voir gratuitement ce film.
Note: 2.5/5
Quantum of Solace
Grande-Bretagne/USA (2008), 106 minutes.
Thriller scénarisé par Paul Haggis, Neal Purvis et Robert Wade.
Réalisé par Marc Forster.


