Par : Antoine Richard

François Legault, ce nouvel hypothétique chef de parti, désire démanteler les Cégeps, quelle mauvaise idée. Il semble lancer des propos improvisés selon ses humeurs et fait preuve d’insolence. «c’est une maudite belle place pour apprendre à fumer de la drogue et puis à décrocher» est une belle preuve de la qualité de ces propos. Il désire abolir «progressivement» les Cégeps, mais ne saurait quoi faire avec les collèges, il lance des idées en l’air, sans sérieux. Mais demandons-nous quelle est la pertinence même de ces collèges. Pourquoi est-ce que notre situation est unique?

La remise en question du système existe depuis l’inauguration des Cégeps en 1967. Pourquoi est-ce que le Québec est différent du reste du Canada? Est-ce que le fait francophone fait de nous un peuple distinct qui exige un traitement différent concernant l’éducation? Bien sûr que non, les Cégeps existent, car ils sont une bonne transition entre le secondaire et l’université. Oui, le système a des failles et certaines réformes s’imposent, mais l’abolition n’est certainement pas l’option souhaitable. Les Cégeps sont importants pour notre société, car ils permettent une éducation à coût abordable. En effet, les DEC techniques sont importants pour la société Québécoise, ils permettent à coût moindre, une éducation supérieure. Que cela soit avec Charest ou Legault, l’accessibilité à l’éducation post secondaire au Québec est menacée. Le premier coupe dans les subventions collégiales et augmentera les frais de scolarité des universitaires et le deuxième désire l’abolition pure et simple des cégeps. Je ne suis pas d’accord avec Stéphane Laporte, qui affirme avec un brin d’humour déplaisant : «Au fond, le Cégep c’est un peu comme le Stade olympique. On sait pu trop quoi faire avec, mais y’est là, alors faut faire de quoi…»1. Le cégep selon moi est encore d’actualité, encore plus lorsque le gouvernement augmentera les frais de scolarité des universités, une hausse qui empêchera l’accessibilité à une éducation supérieure à plusieurs jeunes Québécois.

Concernant ce sujet chaud , le camp libéral et le camp Legault ne s’entendent pas, mais qu’en est-il des étudiants? Notre opinion atteint difficilement les oreilles du gouvernement, c’est pour cela qu’il faut se faire entendre, pas seulement pour la gratuité scolaire (utopie, à mon sens), mais pour ne pas que l’université soit encore plus un concept élitiste. Le modèle anglais et américain n’est pas le bon pour le Québec, il est possible d’avoir une éducation de qualité pour tous et de ne pas avoir une société endettée. C’est un combat pour nous et pour les générations futures. Je ne peux concevoir un Québec sans cégeps et avec des universités coûtant la peau des fesses. Est-ce que la Révolution tranquille a été oubliée?

La situation du Québec me désole (je ne vais pas aborder la situation fédérale ici) , il est grand temps d’une unification de la gauche, qui est morcelée. Celle-ci accorde une reconnaissance bien plus grande aux étudiants que l’actuel gouvernement. L’explosion du Parti Québécois va renouveler le visage de la politique, pour le meilleur? Espérons-le.

1 – http://blogues.cyberpresse.ca/laporte/2011/10/10/pour-ou-contre-le-cegep/?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_bloguesaccueilcp_BO3_accueil_ECRAN1POS1