Âme en peine

Par : Cynthia St-Laurent

Noirceur, voici la couleur sombre d’un cœur en défaillance prêt à faire le saut vers la mer éloignée.

Tristesse, voici l’écho qui sonne derrière les cloches de l’Église devant les hommes priant à genou pour que les troubles cessent de s’enliser dans les sables.

Solitude, voici le mot qui éclate sous les cris douloureux émis en vain d’un enfant en détresse à qui personne ne porte attention.

Égoïsme, voici la nouvelle définition d’une société économique, épuisé de tout savoir où les hommes s’écrasent mutuellement pour s’assurer d’être victorieux, les premiers de lignes.

Entêtement, voici les lettres qui causeront la perte d’une sage popularité d’expression face à l’angoisse des gens outrés par les mauvais traitements.

Abandon, voici le résultat d’un silence disgracieux forcé par la sourde oreille d’un groupe passant outre la mélancolie de ce même enfant.

Délivrance, voici ce que celui-ci ressentira lorsque le poids effrayant de ces malheurs auront disparu libérés de l’aberration que connaitront ceux qui n’ont pas commis l’irréparable.

Joie, voici le sentiment qui l’enivra à la suite de cette même délivrance puisqu’il sera enfin écouté. Écouté par son âme en paix soufflante dans les nuages.

Regrets, voici ce que son entourage vivra lorsqu’il s’apercevra qu’il est trop tard. Et que le calme insouciant d’un enfant en peine n’est maintenant que souvenirs.

Plume à la main, l’enfant avait gravé une dernière note à l’arrière de l’écorce qui lui servait de bouclier face à ses agresseurs.  Néanmoins, il ne savait pas qu’il y laissait du même coup un trésor enfoui. Ce trésor, d’une valeur inestimable fut cherché bon nombre d’années après son départ, mais personne n’avait la force de s’emparer d’une empathie nécessaire à la compréhension de l’émoi d’un monde en détresse.

Aveugler par la réalité, l’épisode se répéta au travers des sentiers de larmes froides ne réveillant personne.

L’homme dort alors maintenant profondément aux côtés des arbres. Silencieux, il accepte son sort de condamné et attend le jour venu où il pourra rejoindre l’enfant à qui il n’a pas su tendre la main. Celui-là même qui, avec du recul, a réussi à faire comprendre au monde l’essentiel des mots.

Celui-là même qui a souffert sans broncher pensant faire évoluer une espèce destinée à retomber.

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