Cet homme, le plus grand de la terre

Par : Anaïs Hélie-Martel

Chanteur folk d’origine suédoise, The Tallest Man on Earth est sans nul doute un maître de la voix, que dis-je, un virtuose. Jens Kristian Mattsson de son vrai nom, il est connu dans le domaine musical sous l’appellation The Tallest Man on Earth et, ma foi, il porte bien son nom. Pourtant, n’allez pas croire qu’il est grand : il n’est pas grand. Non, il est plutôt imposant. Imposant par ce qu’il dégage, par son regard perplexe et profond, par cette aura qui fait de lui The Tallest. Voilà ce qui le rend intimidant, majestueux, grand. Voilà aussi ce qui donne son sens à son patronyme. Son premier album, Shallow Grave, est paru en 2008 et lui a valu de très bonnes critiques. Le son qu’il crée, à l’aide de la multitude de guitares qu’il possède, a d’ailleurs été comparé à celui de Bob Dylan; à la musique d’un poète. Je crois qu’il y a du vrai là dedans. Ses airs folks, son isolement, sa musique nous rappelle incroyablement Dylan. C’est en 2010 qu’il a sorti The Wild Hunt, son deuxième album. Si vous voulez mon avis, il est tout simplement délicieux du début à la fin. La même année, il sortait aussi un EP de cinq chansons Sometimes the Blue Is Just a Passing Bird. De quoi rassasier les amateurs et faire jubiler nos oreilles.

Muni d’une voix puissante, mais légèrement nasillarde,  The Tallest Man nous enveloppe littéralement d’un voile doux et  réconfortant. Sa voix, elle est envoutante comme un chaman l’est. Cet homme, il nous transporte ailleurs. Il nous rend plus léger, plus calme, plus serein l’espace d’un instant. Et c’est tout cet univers qui nous est transmis par seulement quelques accords de guitare et la voix d’un seul homme. C’est quelque chose de beau que de transmette cette émotion. C’est quelque chose de grand que d’arriver à cet exploit.

Il y un an, il était de passage à Montréal à la salle Le National. Je n’ai pu résister à l’appel, bien que je l’aille déjà vu auparavant. Le fait que Klaxons et Winter Gloves, deux excellents groupes, jouaient le soir même ne m’a pas plus arrêtée. The Tallest Man on Earth, c’est la personne à voir et à revoir en spectacle et son premier spectacle m’avait laissé une merveilleuse impression. Ainsi, le spectre de ce dernier, qui trottait encore dans mon imaginaire, m’a poussée à y retourner.  J’ai donc sauté sur l’occasion et je m’y suis rendue, seule, ne sachant trop à quoi m’attendre. Je n’ai pas été déçue, ça l’aurait été dur de l’être; c’est un incroyable concert qui s’est offert à moi, encore. Un sourire en coin de bouche s’affichait sur mes lèvres; emportée par l’ambiance, par le moment présent, je ne pouvais m’empêcher ce rictus. C’était le genre de spectacle qui nous fait apprécier la beauté simple et pure qui s’offre à nous quotidiennement. Les petites choses de la vie si futiles, mais qui sont pourtant si agréables. Cela m’a fait apprécier aussi l’ambiance plus intime d’une petite salle. Je n’ai rien contre les grandes salles à la Métropolis,  bien au contraire, mais comprenez-moi, certains artistes ne peuvent s’accorder totalement avec elles. The Tallest Man on Earth fait partie de ceux-ci. Le National était parfait pour cela, bien que nous y étions un peu à l’étroit, la salle affichant complet. Étant seule, je dois avouer que je fus attaquée sur tous les fronts; on envahissait ma bulle. Malgré cette guerre de coude, c’était un beau moment.

Une autre façon de s’enivrer de cette délicieuse essence qu’émane The Tallest Man on Earth est de regarder le Concert à Emporter qu’il a fait, avec l’excellente chanson The Gardener. Pour ceux qui ne connaissent pas le site musical La Blogothèque/Concerts à emporter, eh bien il ne saurait tarder pour vous de le connaître. C’est un site internet qui a pour but de montrer les groupes émergents sous un nouveau jour. Le concept en est rafraichissant; le résultat final, lui, inusité. Bref, dans son vidéo, on retrouve le Tallest au milieu d’une boutique d’antiquité ou d’une sorte de musée instrumental, qui sait,  nonchalant, en gratouillant sa guitare et en nous exposant sa voix berçante. En prime, il aborde une moustache luxuriante qui lui va à ravir et qui saura vous faire craquer à coup sûr. Voici le site si vous voulez y jeter un coup d’œil.

http://www.blogotheque.net/The-Tallest-Man-on-Earth,4814

Dernièrement, The Tallest Man on Earth a fait l’annonce d’un nouvel album : There’s No Leaving Now. La sortie est prévue pour juin 2012 et sera suivie d’une tournée internationale. J’ose espérer qu’il viendra à Montréal. J’ose espérer vous avoir convaincu d’y aller

Pour finir, je voudrais partager avec vous un évènement qui m’a frappée à la fin du concert du Tallest Man il y a deux ans, au Petit Campus. Alors que le spectacle tirait à sa fin et que The Tallest Man on Earth accordait sa guitare qui lui tenait incontestablement tête, il nous lança un : «I’m sorry to making you wait, thank you for that.» Sans crier gare, un jeune homme de l’audience lui répondit, du tact au tact : «You’re the tallest, babe», comme s’il n’avait pas à s’excuser de cela. Étonné de cette réplique, amusé aussi peut-être, il répliqua, le sourire aux lèvres : «Yeah, I’m not so sure.» S’il n’en est pas encore sûr, lui; nous, nous le sommes. Le doute n’est plus considérable à ce point-ci. Cet homme, c’est le plus grand de la terre, point.

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