Négocions!

Par : David Imbeault et Michael Boucher

Le 17 mars 2011, le gouvernement du Québec annonçait une hausse des frais de scolarité de 1625 $ par année, soit 75 % de la facture étudiante actuelle, sur cinq ans. Suite à cette décision, le 13 février dernier commençait au Québec un mouvement qui allait prendre une ampleur sans précédent, mouvement qui culmina lors de la journée du 22 mars. Ce jour-là, 300 000 étudiants étaient en grève et 200 000 citoyens descendaient dans les rues de Montréal pour manifester leur mécontentement.

À ce jour, 200 000 étudiants sont toujours en grève, dont certains depuis maintenant sept semaines. En raison de nombreuses difficultés administratives liées à la grève et du risque croissant d’annulations de cours, nous en sommes aujourd’hui à un tournant qui pourrait s’avérer déterminant pour chacune des parties impliquées. Pourtant, au moment où nous écrivons ces lignes, aucune négociation n’est entamée entre les représentants étudiants et le gouvernement. Récemment, celui-ci a fait une offre en ce qui a trait à l’aide financière aux études, mais aucune des deux parties ne semble prête à assouplir sa position sur le principal point de discorde, l’augmentation des frais de scolarité.

À ce stade, le mouvement étudiant se doit d’envisager que le gouvernement demeure inflexible sur la question du gel des frais de scolarité. En fait, le gouvernement n’est pas forcé de reculer et l’opinion publique ne semble pas l’encourager à le faire. Or, la légitimité d’un gouvernement dépend de l’appui de la population, de sorte que la victoire du mouvement étudiant repose maintenant sur sa capacité à s’assurer de cet appui. Pour cela, il doit faire preuve d’ouverture.

Par ailleurs, la force du mouvement réside dans sa cohésion. Si l’union s’effrite, le mouvement s’arrêtera. Ce qui nous rassemble, c’est l’opposition à la proposition du gouvernement. Cependant, les objectifs de la grève varient au sein de la communauté étudiante. C’est pourquoi les associations étudiantes se doivent de réviser leur position de façon à préserver la totalité de leurs appuis, dans toute leur diversité. Si l’intransigeance persiste à dominer le débat, les plus modérés risquent de se désengager.

Face à ces constats, une remise en question du dogme du gel des frais de scolarité s’impose. Il ne s’agit pas de remettre en cause cet objectif de départ, mais de faire preuve de pragmatisme en examinant tous les aspects de la situation. Cela implique qu’il faut envisager d’accepter des concessions par rapport à l’idéal que nous continuons de rechercher. Et ce, afin d’éviter une défaite du mouvement qui pourrait se solder par des pertes considérables pour l’ensemble de la société, notamment la classe moyenne, principale victime de cette hausse. Pour entamer des négociations afin de dénouer l’impasse, l’abandon du gel en tant que principale revendication est de mise. Le courage, aujourd’hui, c’est d’accepter de négocier les modalités d’une hausse.

David Imbeault et Michael Boucher sont étudiants au 1er cycle en histoire à l’Université de Montréal

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s