Repenser le mouvement étudiant, repenser la société, repenser le monde

Par : Collectif étudiant (Marc-André Paquin, Maxime Blanchette et Maxime Gagnon)

L’utopie un « pelletage de nuage » nécessaire

La société québécoise est dans les abysses d’une rupture entre l’individualisme et l’engagement social et politique. Dans ces bas-fonds, l’homo-quebecus semble se renfermer de plus en plus sur le confort de son indifférence, depuis les derniers insuccès des projets communs de sociétés — à titre d’exemple, l’échec du projet souverainiste. Le soulèvement étudiant des derniers mois cherche à s’imposer comme projet social, non pas comme celui uniquement d’une génération, mais comme un mouvement de réforme de l’État où lerôle principalde celui-ci devrait être la satisfaction des besoins de tous ses citoyens. Tous peuvent trouver leurs places dans cette cause. Le citoyen québécois doit se réveiller de l’état léthargique dans lequel il se situe et chercher à s’affirmer comme architecte du projet utopique; il doit « pelleter des nuages » pour affirmer sa puissance politique.

L’utopie annonce sa présence dans les rectifications qu’elle apporte à la société dystopique et dans la transition vers le projet de société commun. L’irréalisme de l’utopie est un symbole qui présente beaucoup de possibilités pour l’esprit; elle conduit particulièrement la communauté vers l’épanouissement existentiel de ses membres. Elle possède aussi la fonction d’enseigner l’art de vivre et l’espoir d‘un monde meilleur dans une société parallèlement en constante contradiction. Dans l’Homme, l’utopie permet une existence qui transcende l’instant par la dévotion dans un projet possiblement éternel, notamment la maîtrise du futur par la réalisation vécue dans le moment présent. C’est un phénomène de dépassement de soi, un altruisme pur, dans une intention surpassant notre propre personne, qui se transforme en l’Espérance et se projette avec certitude vers un autre monde supérieur à celui présent.

L’étudiant au service de l’utopie

En étant un fervent défenseur de la classe moyenne, l’étudiant est au service de cette utopie. Cette classe moyenne étant confinée à être le plus grand pourvoyeur d’impôts de la province, elle n’a pas accès aux exemptions possibles par les REER, les CELI, qui, étant donné le maigre résultat de la différence entre leurs revenus et leurs dépenses sont inaccessibles aux contribuables de la classe moyenne. Ce sont ces mêmes citoyens qui sont inclus dans les calculs gouvernementaux concernant les prêts et bourses en tant que « contribution parentale ». Pourtant, bien souvent, cette contribution est faible ou inexistante. On condamne alors encore le plus grand pourvoyeur d’impôts à l’endettement perpétuel tout en leur garantissant de piètres services publics et on investit leur « juste part » dans des subventions au privé.

Comment l’utopie étudiante peut s’approcher de celle des travailleurs de la classe moyenne? La réponse se retrouve dans l’équité qu’apporterait, par exemple,  l’ajout de paliers d’imposition. En effet, augmenter le nombre de paliers d’imposition à 10 paliers allégerait le fardeau des classes moyennes et pauvres tout en exigeant plus d’argent aux classes plus aisées et aux entreprises. Voyant le fardeau de toute une province s’alléger pour leur classe sociale, les citoyens faisant partie de la classe moyenne sauront-ils montrer leur appui aux étudiants et à leur projet de société commun?

Il semble maintenant important, après de nombreuses semaines de grève, de se rappeler les raisons de la hausse de 1625 $ d’ici 2017. À la suite de nombreuses dérives immobilières, citons comme exemple ici le fameux Ilôt Voyageur et le 1420, Mont-Royal,  on constate, une mauvaise gestion des fonds qui entraine aussi un manque d’argent chronique, et ce, malgré toutes les subventions gouvernementales. À qui revient la facture? Aux étudiants, contribuables de demain. Il est ainsi impératif, pour les étudiants de poursuivre leur lutte contre la hausse des frais de scolarité, car cesser maintenant, c’est non seulement légitimer cette hausse frauduleuse, mais aussi affirmer que les semaines de lutte passées n’ont servi à rien et qu’il est justifié de faire payer les contribuables de demain pour des erreurs de gestion sur lesquels ils n’ont pas eu leur mot à dire.

L’État libéral contre l’utopie

L’État libéral, c’est l’utopie du libéralisme: il cherche, par tous les moyens, à faire passer tout autre discours comme improbable et injustifiable. En s’acharnant à maintenir la hausse des frais de scolarité, le gouvernement libéral fait tout ce qui est en son pouvoir pour perpétuer l’état de quasi-servitude dans lequel se trouve une grande partie de la classe moyenne et pour asseoir son emprise sur la société. En effet, ladite « juste part » que le gouvernement de Jean Charest veut imposer, non seulement aux étudiants, mais aussi à leurs familles, oblige ceux-ci à utiliser des ressources financières qu’elles pourraient utiliser ailleurs. Ces individus privés de « surplus » monétaire ne pourront améliorer leur situation sociale. La classe moyenne ainsi maintenue sous la pression croissante du poids des dettes restera toujours dans son état de servitude vis-à-vis l’État libéral et du système économique qu’il défend.

Le combat que les étudiants mènent aujourd’hui n’est pas seulement le leur. Le problème auquel ils sont confrontés n’est pas qu’une question de frais de scolarité; il s’agit d’une lutte beaucoup plus grande, d’une lutte utopique. Il s’agit de combattre l’isolement social dans lequel le gouvernement cherche à plonger le peuple québécois, combattre cette mentalité libérale qui prône le chacun-pour-soi et le rapport utilisateur-payeur. D’autre part, le gouvernement de M. Charest fait preuve d’un manque de respect flagrant, à l’encontre des étudiants et de tous ceux qui défendent la cause de l’équité sociale, en refusant de négocier avec les représentants de la CLASSE, de la FEUQ et de la FECQ. Il agit de façon irresponsable et crie à la face du monde que les étudiants du Québec sont des citoyens de second ordre. Cette attitude offensante est indigne d’une démocratie qui se respecte et qui respecte ceux dont elle est censée protéger les intérêts.

Maxime Blanchette est étudiant au Baccalauréat en Études allemandes — Université de Montréal

Marc-André Desmarais est étudiant au Baccalauréat en Histoire — Université de Montréal

Maxime Gagnon est étudiant au Baccalauréat en Psychologie — Université du Québec à Montréal

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